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« Les poètes, le soleil et Paris » dans l’imaginaire ukrainien

frPublié en ligne le 29 janvier 2015

Par Tatiana Sirotchouk

Résumé

Le présent article a pour objectif de mettre en évidence certaines particularités de l’image de Paris véhiculée par la littérature ukrainienne. Le Paris des lumières et des ombres, le Paris gourmand et le Paris des tentations défileront dans un cortège d’images empreintes de la réalité. À l’opposée de ce Paris réel se dessinera par la suite un Paris des rêves qui se nourrit d’impressions fugitives. Un certain Paris culturel et artistique apparaîtra en arrière plan de toutes ces représentations évoquées.

Abstract

Ця стаття покликана висвітлити деякі особливості образу Парижа в українській літературі. Париж світла і тіні, Париж ґурманів і Париж спокуси входять у кортеж образів, які надихнула дійсність. У противагу цьому реальному Парижу постає Париж мрій, образ якого ґрунтується на швидкоплинних враженнях. Певний культурний Париж вимальовуватиметься на тлі усіх цих образів.

Introduction

1« Paris a toujours été la première ville du monde »1, déclare un auteur français en 1837. Autour de cette « reine des villes »2, tel un cortège royal, s’enfilent des images très variées allant de la plus complexe à la plus contradictoire, mêlant des siècles d’histoire et d’impressions fortes : c’est une ville de lumière et de crépuscule, ville d’amour et de mort, ville d’expérience et de fantasmes, ville qui attire et qui absorbe, qui fait rêver et qui appelle à s’y abandonner éperdument.

2Ces différentes représentations spatio-temporelles et socio-historiques de la capitale française constituent et nourrissent le mythe de Paris qui évolue au gré du temps. Il s’agit d’abord d’un mythe élaboré par l’imaginaire national, car Paris a toujours inspiré les écrivains et les poètes, les artistes et les historiens. Ainsi, à côté de l’aspect historique de Paris, s’impose l’histoire de l’image de la ville et de ses diverses représentations qui prennent leur sens à travers les mentalités et les sensibilités collectives. Ce mythe national est étudié sous tous ses aspects. Par exemple, Evelyne Cohen scrute le Paris rêvé, pensé et représenté dans l’imaginaire national de l’entre-deux-guerres3. Pierre Citron, dans son ouvrage La Poésie de Paris dans la littérature française de Rousseau à Baudelaire, s’intéresse surtout à ses expressions littéraires et poétiques. Dans cette perspective nationale, le mythe de Paris est « un inventaire d’anthropomorphismes et de métaphores organiques qui inscrivent le tout dans des formes dotées d’une charge affective»4. Mais il existe aussi une autre image de Paris qui est élaborée et véhiculée par les étrangers : cette image, fort différente peut-être, est tout aussi captivante, car empreinte d’émotions et d’expériences humaines. Au sein de cet imaginaire non français, Paris apparaît comme « la capitale de la liberté politique, intellectuelle, artistique ; de la liberté de gagner sa vie, de mener une nouvelle existence, d’atteindre au bonheur »5. L’image mythique de Paris est donc un travail de l’imaginaire collectif, français et étranger, et ces deux imaginaires s’interpellent et s’imbriquent, s’entrecoupent et s’entre-interprètent en permanence, mettant en lumière leurs similitudes et leurs contradictions.

1. Définition du corpus

3Dans cette nuée de représentations multiculturelles et multilingues, c’est l’image de Paris dans l’imaginaire ukrainien qui m’intéresse, et plus particulièrement ses composantes littéraires et poétiques. Quelle est donc l’image de Paris qui se dégage des œuvres littéraires ukrainiennes ? Dans quels contextes se constitue-t-elle ? Peut-on parler d’une évolution de cette image d’une époque à l’autre ? Pour répondre à ces questions, j’ai constitué un corpus de textes volontairement très divers, appartenant à des registres très différents, allant de la deuxième moitié du XIXe siècle à nos jours. Je citerai les titres de ces œuvres au fur et à mesure de mon propos.

4L’étude de ce corpus permet de mettre en évidence certaines particularités de l’image de Paris véhiculée par la littérature ukrainienne. Il convient de préciser d’emblée que la vie réelle constitue l’essence de cette image. Dans ce contexte nous allons voir comment les auteurs ukrainiens appréhendent les réalités parisiennes : le Paris des lumières, qui impressionnait par ses mille feux au XIXe siècle, cèdera sa place à un Paris des ombres et des illusions perdues, mises en exergue dans la littérature ukrainienne émigrée ; le Paris gourmand et le Paris des tentations viendront rejoindre par la suite ce cortège d’images empreintes de la réalité. À l’opposée de ce Paris réel se dessinera un Paris des rêves : l’image qui s’attache à la fugacité des sensations et des impressions se dégage principalement des œuvres poétiques élaborées à l’époque soviétique. Enfin, un certain Paris culturel et artistique apparaîtra en filigrane dans toutes les représentations évoquées.

2. Le Paris réel

5Le Paris réel s’offre à nos yeux à travers les descriptions très vivantes et détaillées des Lettres de Paris de Marko Vovtchok(1833-1907). De son vrai nom Maria Vilinska-Markovytch, elle est la première femme de lettres ukrainienne au XIXe siècle. Elle choisit de travailler sous un pseudonyme masculin à l’époque où la littérature ukrainienne a été dominée par les hommes et à ce titre elle est souvent comparée à George Sand. Pendant plusieurs années, Marko Vovtchok voyage en Europe, accompagnée de son fils et de l’écrivain russe Ivan Tourgueniev ; son séjour à Paris dure plusieurs mois. Ses Lettres de Paris datent de 1860. Notons en passant qu’à la même époque Honoré de Balzac visite l’Ukraine et Kiev : il décrit le voyage qui l’amène vers la capitale de l’Ukraine actuelle dans une œuvre au titre presque identique, à savoir Lettre sur Kiev. Marko Vovtchok, quant à elle, s’adonne, avec minutie et persévérance, à la description réaliste de la ville de Paris et de ses habitants.

6Nous entrons avec elle dans une ville lumière, où les « rues larges et brillantes s’illuminent de feux »6. Une longue description des immeubles imposants qui côtoient les cafés luxueux, ornés de fresques et de boiseries dorées, prépare et installe le décor dans lequel va évoluer l’histoire. Au-delà de la fonction informative, ces vastes tableaux littéraires qui caractérisent particulièrement le style de Marko Vovtchok, revêtent aussi une fonction structurale : ils servent à retenir l’attention du lecteur ou encore à ralentir le rythme de la ville envahie de carrosses et de diligences qui roulent, déjà dans la deuxième moitié du XIXe siècle, en deux files continues.

7Camille Pissarro 007

Camille Pissarro, Boulevard Montmartre, 1897. (Publié sous licence Wikimedia Commons).

8Au sein de ce décor méticuleusement dressé par Marko Vovtchok, apparaît la foule parisienne dans sa diversité sociale, faite d’ouvriers et de zouaves barbus, de jolies femmes et de dandy heureux, de garçons en haillons et de fillettes solitaires, de vieux et de jeunes, de riches et de pauvres, de Français et d’étrangers7, même si cette dernière opposition est moins explicite que les autres. Cette description des habitants de Paris met en relief le caractère hétéroclite de la population parisienne qui ne fera que s’accentuer au gré du temps et des époques.

9L’opposition entre les Français et les étrangers se trouve au cœur de plusieurs écrits de Volodymyr Vynnytchenko (1880-1951) où il est question de Paris. Ce choix s’explique notamment par le contexte dans lequel ces œuvres ont été créées. Volodymyr Vynnytchenko, écrivain et homme politique ukrainien, émigre à Paris dans les années 1920 pour fuir le régime soviétique. Ainsi, la représentation de la capitale française qu’il véhicule à travers ses œuvres intègre la vision qu’ont de Paris les émigrants, y compris les émigrants ukrainiens et soviétiques. Le choc des cultures et des traditions est au cœur de la réflexion de l’écrivain sur Paris, notamment dans le roman intitulé Les gisements d’or, écrit en France en 1926-1927. Il ne s’agit plus de simples descriptions de la ville, si abondantes dans l’œuvre de Marko Vovtchok. Volodymyr Vynnytchenko s’engage dans une analyse approfondie des réalités parisiennes qui défilent dans son roman. Ainsi, selon lui, le Pensionnat international, qui abrite les émigrants venus de partout, est un Paris en miniature où « les Français ne sont que trois ou quatre pour cent, cinq tout au plus ! La nation dominante ici, ce sont les Américains. Et, bien évidemment, c’est la culture américaine qui domine : fox-trot, boxe et dollar »8. Il paraît évident que la construction de l’image de Paris s’effectue, dans le roman de Vynnytchenko, à travers une sorte de mise en abyme qui incruste dans l’image qu’ont de Paris les émigrants ukrainiens une autre représentation non parisienne, à savoir le Paris des étrangers. Dans ce contexte, l’image du Paris réel se veut un jeu de miroirs dans lesquels se croisent les différents regards en se reflétant les uns dans les autres.

10On comprend ainsi pourquoi, pour les émigrants qui ne font pas partie de la nation dominante, tout à Paris paraît bizarre et invraisemblable. Tout est teinté de cette étrange étrangeté, même les étrangers eux-mêmes. C’est le cas notamment des citoyens ex-soviétiques d’un autre roman de Vynnytchenko qui s’intitule Équilibre : « On les reconnaît facilement : ils ne dégagent pas le même calme et la même confiance qui sont naturels aux maître du pays, les Français »9. Ce qui caractérise ces émigrants, c’est la solitude et l’isolation. Pour survivre, ils font le premier boulot qui se présente, même le plus sale. Ils s’appliquent à laver les chiens ou à bouchonner les bouteilles, ils sont prêts à falsifier les œufs à vendre ou encore à jouer le rôle de rabatteur10. Rejetés par la société française, ils trouvent un abri pour la nuit dans des endroits lugubres : les chambres qu’ils louent ressemblent à des tanières ou, pire encore, à des cercueils11. Il n’est pas étonnant dès lors que le Paris de ces émigrants est sombre, gris, couvert de brumes en permanence. Leurs demeures de fortune se trouvent dans un Paris inconnu et obscur.

11Il est facile de voir que les tableaux parisiens de Vynnytchenko contrastent fortement avec les descriptions des palais somptueux, situés dans une ville lumière, faites par Marko Vovtchok. Toutefois elle aussi souligne cette isolation que connaissent certaines couches sociales à Paris à la deuxième moitié du XIXe siècle. Ses Lettres de Paris nous informent qu’il y avait, à cette époque dans la capitale française, des quartiers qu’il fallait mieux éviter, car ils étaient peuplés de gens pauvres et d’étrangers. Parmi ce genre d’endroits, Marko Vovtchok cite les rues qui se trouvent au-delà du faubourg Saint-Germain, dont la rue Neuve-Saint-Médard, car elle est sombre et très sale12. Il ressort des Lettres de Marko Vovtchok, tout comme d’ailleurs du roman Équilibre de Volodymyr Vynnytchenko,que le Paris réeldes gens pauvres et des étrangers se trouve surtout en dehors de Paris.

12Force est de constater que cent ans plus tard, au début du XXIe siècle, la situation ne semble pas changer. Lioubko Derech, unjeune écrivain ukrainien de trente ans, nous offre une illustration de ce constat dans son essai intitulé « Faucille et marteau à Paris », publié en 2004, même si au début il donne l’impression d’être au cœur de Paris et de ses traditions. Si on peut d’emblée s’étonner que, selon lui, « les petits-déjeuners typiquement parisiens [se composent] d’une baguette encore chaude avec du camembert et du café au lait »13, on comprend rapidement qu’il s’agit d’impressions faussées ou d’une image, pour ainsi dire, de deuxième main : l’auteur ne fait que décrire le petit-déjeuner proposé par Temistocle Virsta, artiste bucovinien installé à Paris depuis les années cinquante. Bien que ce dernier y côtoie les plus grands peintres et écrivains, dont Salvador Dali, Jean Cocteau ou Jean-Paul Sartre14, il semble avoir adapté à sa sauce les petits-déjeuners français que Lioubko Derech a pris pour « typiquement parisiens ». Les réalités parisiennes sont décrites telles qu’elles sont vécues par cet immigré ukrainien. Là encore, il s’agit de la vie parisienne vue par les étrangers et c’est loin d’être l’exemple unique dans l’œuvre de Lioubko Derech qui nourrit en fait l’image du Paris des étrangers. Plusieurs autres réflexions vont aussi dans ce sens.

13Ainsi, il note par exemple que l’île Saint-Denis « est le quartier le plus criminel »15 de Paris (et ceci bien qu’elle se trouve en réalité à quinze kilomètres au nord de Paris) parce que là-bas « il y a beaucoup de noirs »16. Dans son texte, Lioubko Derech utilise le mot « nègre » qui est un mot neutre en ukrainien, alors qu’en français ce mot est marqué par une connotation péjorative, voire raciste. C’est pendant son séjour sur cette île que l’écrivain ukrainien avoue avoir enfin compris ce que l’expression « beaucoup de noirs » voulait dire. D’ailleurs, il précise que la communauté ukrainienne parisienne vivait aussi sur cette île, c’est-à-dire en dehors de Paris, prouvant ainsi sans équivoque le constat fait plus haut.

14Une autre illustration est fournie par Irena Karpa dans son roman intitulé Freud aurait pleuré, publié en 2004, dont l’héroïne principale visite aussi la ville de Paris. La description réaliste de ce Paris n’étonne plus, car elle est en phase avec les descriptions citées précédemment :

Mon ami Nadia, dit l’héroïne principale, […] travaille à Paris. Illégalement, comme tous les Ukrainiens ; je ne me souviens plus qui l’a dit, mais dans la plupart des cas, c’est vrai. Nadia loue une jolie maison à Montreuil, une banlieue parisienne. Son quartier n’est pas très chic : il y a beaucoup d’Arabes et de noirs17.

15Anna Poriadynska, qui représente la plus jeune génération d’écrivains ukrainiens, décrit Paris en 2013 dans son récit intitulé « L’impossible Paris »18. Ce qui est intéressant à souligner, c’est que là encore elle dresse une image d’un Paris vu par ses amis étrangers qui vivent dans la capitale. Ainsi, pour un Russe, on ne peut pas gagner assez d’argent à Paris et, selon lui, il y a trop de noirs dans la capitale française. Son amie marocaine, épuisée par des visites obligatoires à la préfecture, considère que partout ailleurs, en Angleterre, au Canada et même en Suisse, la vie est plus simple qu’à Paris. Enfin, une Allemande déclare sans ambages : « Les appartements sont petits, sales et extrêmement chers, même les taudis où il y a des souris! »

16On comprend dès lors pourquoi d’autres écrivains ukrainiens, dès qu’ils se trouvent dans un hôtel prestigieux au centre de Paris, décrivent, avec minutie, satisfaction et peut-être un brin de fierté, leurs demeures chics, bien que provisoires, comme s’ils étaient habités par un désir de venger tous les étrangers et les pauvres émigrés du passé. Par exemple, Iouri Androukhovytch, l’un des auteurs contemporains les plus populaires en Ukraine, consacre quelques pages à Paris, visité en 1999, dans son ouvrage Lexicon des lieux intimes19. L’écrivain commence par décrire son hôtel en précisant qu’il se trouve dans un immeuble authentique du XVIIe siècle, à deux pas de la Cité, du Louvre et des Tuileries. Cette description est agrémentée d’une multitude de détails sur l’intérieur de sa chambre et sur l’extérieur de la bâtisse. Ce qui intrigue cependant bien plus dans son œuvre, ce n’est pas tant la description de l’hôtel très chic où il réside, mais celle de Paris, car elle semble sortir directement du poème d’Arthur Rimbaud « L’Orgie parisienne » (1871)20 ou tout au moins être inspirée par ce texte. En effet, Iouri Androukhovytch cite plusieurs fois le deuxième titre de ce poème – « Paris se repeuple » – qui revient en leitmotiv dans son récit. De là vient aussi la confirmation de Iouri Androukhovytch que Paris est une femme, c’est ainsi qu’il transpose dans son texte le vers de Rimbaud « la putain Paris ». En outre, le poème « L’Orgie parisienne » semble inspirer et nourrir les réflexions de l’écrivain ukrainien autour du sexe. Ainsi, Iouri Androukhovytch parle de « l’amour à la française » ou encore de « la maladie française »21, à savoir la syphilis. Et s’il parle autant de son hôtel, c’est aussi pour évoquer la plus ancienne profession parisienne, la prostitution. Par ailleurs, le lecteur a le droit à une description très détaillée de l’acte sexuel dans la chambre voisine auquel avait assisté le narrateur par la force des choses, car l’hôtel avait une très mauvaise isolation phonique. D’où aussi la conclusion tirée par Iouri Androukhovytch selon laquelle le sexe a jalonné l’histoire et la culture de la France :

La véritable grande culture française est sensuelle et charnelle, elle est comme une femme avec de gros seins nus qui conduit la nation excitée aux barricades.

La véritable grande révolution française est la révolution qui a eu lieu en 1968.22

17Enfin, le mot « français », selon l’écrivain ukrainien, devrait obligatoirement compter parmi ses synonymes les adjectifs « sexuel » et « érotique »23.

18Anna Poriadynska vise un tout à fait autre objectif dans son récit intitulé « Tableaux flash. Voir Paris et mourir », bien qu’elle loge aussi son personnage principal dans un hôtel prestigieux près de la Défense qui est le plus grand quartier d’affaires en Europe. C’est un Paris moderne et presque immédiat qui apparaît dans son œuvre et qui évolue encore plus vite que ne le fait la vie parisienne d’aujourd’hui. Si Marko Vovtchok ou Volodymyr Vynnytchenko, et même Iouri Androukhovytch consacrent plusieurs pages à décrire la vie et les monuments parisiens, chez Anna Poriadynska tout se transforme en une énumération très complète mais rapide des endroits parisiens à visiter. Son récit ne cherche pas à impressionner ou à captiver l’attention du lecteur, comme c’était le cas de Marko Vovtchok ou de Volodymyr Vynnytchenko ; son objectif consiste à donner le plus d’informations en peu de temps, le mode de vie moderne l’oblige ! Ainsi, dans son récit parisien, Anna Poriadynska propose en fait une sorte de guide touristique, qui présente des programmes de visite minimale et des parcours rapides :

Les Champs-Élysées, la Place de la Concorde, la Place Vendôme, l’Opéra ; le Moulin Rouge, le Sacré Cœur, la Place de la République, la Place de la Bastille, la Mairie de Paris, la Cathédrale Notre Dame, le Panthéon, le Palais du Luxembourg, le Musée d’Orsay, le Louvre, les Invalides, la Tour Eiffel.24

19Il est à supposer que cette visite de Paris dure moins longtemps que la lecture de l’énumération des monuments historiques à visiter, cependant on est loin de s’en étonner, car il s’agit d’un récit qui se nourrit d’une action et qui s’adresse à un lecteur moderne, c’est-à-dire jeune et pressé. Sa fonction consiste non pas à décrire, mais à informer, à offrir un condensé de sensations fortes, quitte à tomber dans des clichés : la visite du « temple de produits cosmétiques »25, à savoir le magasin Sephora sur les Champs-Élysées, qui constitue désormais une partie intégrante de l’image du Paris des étrangers, en est un exemple éloquent. L’évolution de l’image de Paris va donc de pair avec l’évolution des mœurs et des modes de vie de ses visiteurs : les longues descriptions du XIXe siècle cèdent place à des croquis rapides de l’époque contemporaine. Mais Paris reste toujours insaisissable.

20Par ailleurs, les œuvres ukrainiennes précédemment citées n’échappent pas non plus à un autre lieu commun sans lequel l’image de Paris, véhiculée par les étrangers, ne pourraient pas exister : c’est le patrimoine gourmand parisien auquel chacun des auteurs ukrainiens rend hommage à sa façon. Ainsi, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Marko Vovtchok parle du « bœuf gras »26 qu’on promenait dans les rues de Paris fin décembre. L’idée sous-jacente de cette évocation est que, à cette époque, les gens prenaient leur temps pour manger. Mais les habitudes d’apprécier la gastronomie française changent au gré du temps. À l’aube du XXIe siècle, on opte plutôt pour une formule rapide « entrée, plat, dessert », comme le précise Anna Poriadynska. Toutefois l’envie de goûter un authentique repas gastronomique à la française reste intacte. Mieux encore, depuis que la gastronomie française fait partie du patrimoine culturelle immatériel de l’humanité, les visiteurs de Paris, y compris le personnage principal du récit « Voir Paris et mourir », choisissent les mets à la renommée mondiale. Ce qui explique que, désormais, même les formules « express » proposent le foie gras, les petites cuisses de grenouilles, le fromage, le vin et le café noir27.

21Chez Iouri Androukhovytch, les goûts pour la bonne chère et la chair tendre s’unissent, non sans une certaine délectation, dans un drôle de contexte, à savoir quand l’auteur essaie de comprendre comment sentent les Parisiennes : comme le camembert peut-être ? Comme l’Époisses [qui a une odeur pénétrante] ? Comme le munster [qui a une odeur bien prononcée] ? Comme le langres [qui est fort en odeur et en goût] ou peut-être comme le Pont l’évêque28 [qui exhale une odeur bien particulière « avec du bouquet »] ? Il n’est pas difficile de voir que ces fromages français à l’odeur prononcée sont appelés à traduire la recherche d’impressions fortes, voire la quête de sensations sexuelles : les affirmations de l’auteur, telles que « Paris et le sexe ne sont même pas des synonymes, c’est quelque chose de plus intime »29, semblent confirmer cette lecture. Derrière cette énumération des fromages français par Iouri Androukhovytch on peut voir bien sûr une démonstration de ses connaissances du patrimoine gourmand, mais se servir des fromages pour vanter les charmes des Parisiennes n’est pas une démarche anodine. Ce discours renvoie à une image de Paris fortement imprégnée de sexualité, avec un intérêt particulier porté non pas aux femmes parisiennes en général, mais aux prostituées en particulier.

22Malgré les connotations sexuelles dont est rempli l’essai de Lioubko Derech, pour ce dernier les Parisiennes représentent une curiosité à part entière. Même s’il déclare sans équivoque que les Ukrainiennes sont les plus belles femmes au monde30, il reconnaît le chic inné des Parisiennes :

Pour s’habiller les Parisiennes sont inégalables. Même la dernière matrone parisienne réussit à mettre un chapeau ou un foulard de telle manière qu’elle se transforme en un instant, comme touchée par lamagie, d’une vieille rombière en une créature pleine de grâce, d’élégance et de style.31

23Avec ce discours flatteur, Lioubko Derech rejoint Marko Vovtchok qui, déjà au XIXe siècle, avait bien mis en lumière l’élégance des Parisiennes qu’on pouvait facilement reconnaître dans la foule d’après leur allure, leurs vêtements, leur démarche ou encore d’après leur façon de parler32. Les Parisiennes font ainsi bien partie intégrante du paysage parisien qui attire tant les étrangers.

24Tout d’ailleurs comme le Paris culturel qui les fascine, et il existe plusieurs possibilités de le connaître. Par exemple, Marko Vovtchok nous offre une ballade agréable au bord de la Seine et la visite très pittoresque d’une morgue33 qui se trouvait à son époque à côté de la cathédrale Notre-Dame de Paris et qui attirait presque autant de visiteurs que la célèbre basilique. Pour les gens pressés du XXIe siècle, Anna Poriadynska propose, dans son récit « L’impossible Paris », après la visite du Louvre avec la Joconde et la Vénus de Milo, de suivre les pas de personnalités historiques, littéraires, politiques ou autres, et c’est parti :

Charlemagne, Médicis, Henri IV, les trois mousquetaires, Molière, Voltaire, Saint-Simon, Lavoisier, le marquis de Sade, Maximilian Robespierre, George Sand, Liszt, Musset, Napoléon, Baudelaire, Moreau, Manet, Degas, Zola, Gauguin, Sarah Bernhardt, Proust, Bergson, Pierre et Marie Curie, Pierre de Coubertin, Stravinsky, André Gide, Coco Chanel, Diaghilev, André Citroën, Renoir, Sartre, Hemingway, Jean Gabin, Edith Piaf, Modigliani, Suivant, Maïakovski, Picasso, Aznavour, Jeanne Moreau, Gainsbourg, Alain Delon, Gérard Philippe, Polanski, Brigitte Bardot, Coluche, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Vincent Cassel » et ainsi de suite34.

25Le lecteur est invité à découvrir la capitale française au gré de ses envies et des connaissances du patrimoine culturel, et il n’a que l’embarras du choix.

3. Le Paris des rêves 

26À cette image du Paris immédiat qui se déploie à l’aube du XXIe siècle et aux tableaux parisiens réalistes du XIXe siècle, tous composés de clichés et de topos innombrables, s’oppose l’image du Paris rêvé, imaginé, inventé et surtout très lointain. Le Paris des rêves est une image qui habite les œuvres poétiques d’auteurs ukrainiens de l’époque soviétique. Ce choix s’explique par deux raisons. La première tient au fait que les auteurs soviétiques ne pouvaient pas partir librement à l’étranger, car les frontières de l’Union soviétique leur étaient fermées. La deuxième raison consiste en ce que chanter le Paris lointain était moins dangereux que de dénoncer les réalités soviétiques. Et le genre poétique était certainement plus adapté que la prose pour parler de quelque chose d’éphémère. Mon corpus de textes poétiques comprend une dizaine de poèmes où les poètes ukrainiens chantent, évoquent ou inventent leur Paris à eux. Souvent, s’ils parlent de Paris et de l’étranger, c’est pour mieux traduire leur sentiment patriotique. Ainsi, dans le poème « Nostalgie »de Dmytro Pavlytchko35, le regret mélancolique du passé historique de l’Ukraine anime le poète plus fort que ne pouvaient le faire ni Prague, ni Paris. Pour Nadia Kyrian36, sa patrie lui est également plus chère que Paris, Venise et Rome pris ensemble. D’autres auteurs tendent à inscrire le Paris imaginé dans leur réalité. Par exemple, Ihor Bondar-Terechtchenko, en 1988, rêve d’un Paris qui était pour lui « noir et blanc »37, car connu seulement grâce à la télévision. Mykola Synhaïvsky38 et Oleksandr Pidsoukha39, comme des milliers de poètes à l’époque soviétique, saluent de loin Paris et les Français. Laryssa Koval dessine dans son imagination un Paris qu’elle n’a jamais vu ; son Paris inventé est fait de poésie et d’amour, de « pas de grâce », de rêves et de feuilles jaunes40.

27En ce qui concerne Borys Mozolevsky, il esquisse, dans le poème « Le petit Paris »41, quelque chose de différent mais tout aussi lointain et insaisissable, à savoir une femme de banlieue parisienne : le poète embrasse la fumée de ses cheveux, il évoque dans son imagination les crépuscules rougeâtres et les jours couleur des lilas de l’époque où il l’avait croisée. Cette rencontre imaginaire, ou peut-être réelle mais qui appartient au passé, rappelle étrangement la passante parisienne de Charles Baudelaire :

Un éclair… puis la nuit ! Fugitive beauté

Dont le regard m’a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !42

28La femme du poète ukrainien disparait, elle aussi, telle une ombre dans un jardin bleu. Comme dans le rêve baudelairien, la femme n’est plus là, mais l’émotion persiste et refuse de s’enliser dans le passé. Le présent d’énonciation utilisé par le poète perpétue ce passé et s’efforce de fixer à tout jamais le souvenir ou le rêve, en tout cas quelque chose d’insaisissable, d’inaccessible, d’irréel, de lointain, tout comme l’image de Paris élaborée par les poètes ukrainiens à l’époque soviétique.

4. Conclusion

29Précisons enfin que le titre de cet article, « Les poètes, le soleil et Paris », provient aussi d’un poème : il s’agit du poème « Le lointain bleu » de Maksym Rylsky43, écrit en 1920. Il résume on ne peut mieux l’image d’un Paris insaisissable qui s’est imposée à l’époque soviétique. Paradoxalement, cette même citation synthétise en quelque sorte toutes les représentations de  Paris, évoquées précédemment, dans la mesure où Paris reste toujours insaisissable et  incompréhensible, tout comme la poésie et le soleil, dans la mesure où Paris représente quelque chose qui échappe en permanence à l’emprise des sens, quelque chose sur quoi on ne peut avoir prise, quelque chose qui se dérobe éternellement et qu’on ne peut dompter ni capturer.

30Lioubko Derech semble avoir abouti à la même conclusion, et c’est par une citation de son texte que j’aimerais terminer cet article qui porte sur l’image de Paris dans l’imaginaire ukrainien :

Paris est une ville définitivement perdue pour ces touristes qui ne sont pas attirés par le chic et le glamour des façades, mais qui veulent comprendre ce qu’est le Paris authentique. Pour saisir l’esprit d’Oujhorod44, de Bakhchisarai45 ou même de Kiev, une semaine suffirait, voire moins. En revanche, il est peu probable que Paris se dévoile pour de bon même au bout d’un an. […]

Paris est une ville inaccessible. Tomber amoureux d’elle du premier regard est la même chose que de tomber amoureux de la fille en couverture de magazine : même si elle a un sourire séduisant et bienveillant, elle n’est pas pour toi, mon pote. C’est pourquoi il ne faut pas, il ne faut pas tomber amoureux de Paris […]46.

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Підсуха Олександр, « Запахло квітнем » [« Odeurd’avril »], Українська література, Харків, 2001.

Порядинська Анна, « Неможливий Париж » [« L’impossibleParis »], « Флеш-картинки. Побачити Париж та померти », 2013. www.probapera.org

Рильський Максим, « Синя далечінь » [« Lelointainbleu »], Синя далечінь, Київ, 1922.

Сингаївський Микола, « На порозі вічності » [« Surleseuildel'éternité »], Листи до жайворонків, Київ, 1996.

Notes

1  Jean de Marlès, Paris ancien et moderne, ou Histoire de France divisée en douze périodes [...], Paris, 1837, t. I, p. 1.

2  Ibidem.

3  Evelyne Cohen, Paris dans l’imaginaire national dans l’entre-deux-guerres, Publications de la Sorbonne, 1999.

4  Karlheinz Stierle, La Capitale des signes. Paris et son discours, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’homme, 2001, p. 18.

5  André Kaspi, Antoine Marès (s. dir), Le Paris des étrangers depuis un siècle, Paris, Imprimerie Nationale, 1989, p. 7.

6  Марко Вовчок, Твори в семи томах, Київ, Наукова думка, 1964, т. II, с. 417. Sauf mention contraire, toutes les traductions sont celles de l’auteur.

7  Ibid., p. 418, 420.

8  Володимир Винниченко, Поклади золота, Нью-Йорк, 1988, с. 63.

9  Володимир Винниченко, Рівновага, Київ-Відень, 1919, с. 47.

10  Ibid., 171.

11  Ibid., p. 56 ; 91.

12  Marko Vovtchok, op. cit., p. 485

13 Любко Дереш, « Серп і Молот у Парижі », in Трициліндровийдвигунлюбові, Харків, Фоліо, 2009, с. 123.

14  Ibid., p. 123.

15  Ibid., p. 124.

16  Ibid., p. 125.

17 Ірена Карпа, Фройд би плакав, Харків,Фоліо, 2004, p. 16-17.

18  Les deux récits d’Anna Poriadynska évoqués dans notre article ont été consultés sur le site http://www.probapera.org qui publie les œuvres de jeunes écrivains ukrainiens.

19  Юрій Андрухович, Лексикон інтимних міст, Київ, 2011.

20  Arthur Rimbaud, « L’Orgie parisienne », Œuvres complètes, Flammarion, 2010.

21  Iouri Androukhovytch, op. cit., p. 347-348.

22  Ibid., p. 348.

23  Ibidem.

24  Anna Poriadynska, « Voir Paris et mourir ».

25  Ibidem.

26  Marko Vovtchok, op. cit., p. 454, 466, 473.

27  Anna Poriadynska, « Voir Paris et mourir ».

28  Iouri Androukhovytch, op. cit., p. 348.

29  Ibid., p. 347.

30  Lioubko Derech, op. cit., p. 127.

31  Ibid., p. 128.

32  Marko Vovtchok, op. cit., p. 420.

33  Ibid., 450.

34 Anna Poriadynska, « L’impossible Paris ».

35 Дмитро Павличко, « Ностальгія », Ностальгія, Київ,Основи, 1998.

36  Надія Кир’ян, « Мій сад », Вечірня жінка і ранкова жінка, Біла Церква, Буква 2006.

37  Ігор Бондар-Терещенко, « Інженерна баляда», Лірень, Донецьк, 2000,

38  Микола Сингаївський, « На порозі вічності », Листи до жайворонків, Київ, 1996.

39  Олександр Підсуха, « Запахло квітнем », Українська література, Харків, 2001.

40  Лариса Коваль, « Не закреслити», Поезії,http://poetry.uazone.net/koval/

41  Борис Мозолевський, « Маленький Париж », Кохання на початку осені, Київ, Радянський письменник, 1985.

42  Charles Baudelaire, « À une passante », Les Fleurs du mal, Paris, 1857.

43  Максим Рильський, « Синя далечінь », Синя далечінь, Київ, 1922.

44  Une ville d’Ukraine qui se trouve en Transcarpatie.

45  Une ville de Crimée.

46  Lioubko Derech, op. cit., p. 124.

Pour citer cet article

Tatiana Sirotchouk (2015). "« Les poètes, le soleil et Paris » dans l’imaginaire ukrainien". Revue du Centre Européen d'Etudes Slaves - Imaginaire littéraire franco-slave | Numéro 4 | La revue.

[En ligne] Publié en ligne le 29 janvier 2015.

URL : http://etudesslaves.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=849

Consulté le 24/09/2017.

A propos des auteurs

Tatiana Sirotchouk

Docteur en langue et littérature françaises (Université Nancy 2) et spécialiste de la langue et de la littérature ukrainiennes, Tatiana SIROTCHOUK est membre du PLIDAM (EA 4514, INALCO, Paris). Ses domaines de recherche portent sur la didactique des langues et des cultures, les littératures française et ukrainienne, la traduction littéraire et l’écriture testimoniale. Elle a enseigné à l’Université en Ukraine et en France. Elle est auteur de nombreux articles et ouvrages, dontGuillaume Apollinaire. Essai de poétique et de stylistique(Paris-Lviv, Éditions de la Société Scientifique Chevtchenko en Europe, 2004) et La vie intellectuelle et littéraire en Ukraine au siècle des Lumières (Paris, Honoré Champion, coll. « Les Dix-huitièmes siècles »,2010,496 p.). En 2013, elle a collaboré au Dictionnaire universel des femmes créatrices (en 3 volumes) des Éditions des Femmes. Elle a participé à des colloques, projets de recherche et manifestations universitaires en France, en Ukraine, en Allemagne, en Pologne et au Canada.


Numéro 4 - La France dans l'imaginaire slave

Le quatrième numéro de la Revue du Centre Européen d’Études Slaves contient les contributions issues de la journée d’études organisée les 27 et 28 juin 2014 à l’Université de Poitiers. Soutenue par l’AUF, UFR Lettres et Langues et le laboratoire MIMMOC EA 3812, elle fut consacrée à l'étude de l'image que la langue et la culture françaises reflètent sur l'imaginaire culturel slave. Cette manifestation scientifique fut inaugurée par S. E. Madame Nina Sajic l'Ambassadrice de Bosnie-Herzégovine.



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