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Autour des traductions polonaises des ouvrages linguistiques d’auteurs français

frPublié en ligne le 29 janvier 2015

Par Witold Ucherek

Résumé

Cet article est une tentative d’éclairage sur les traductions polonaises des textes à caractère linguistique écrits par des chercheurs français. Faute d’une bibliographie des traductions du français en polonais, l’auteur dresse lui-même une liste provisoire des traductions de livres, extraits de livres et articles, sur laquelle figurent une douzaine de livres, une vingtaine d’articles et une demi-douzaine d’extraits d’une longueur de quelques pages, tous ces textes venant d’une quinzaine d’auteurs, tels que Benveniste, Guiraud, Kleiber, Meillet ou Martinet, et ayant été traduits par de bons spécialistes. L’examen de cette liste permet, entre autres, de saisir un certain rapport entre le rythme de parution de ces traductions et l’histoire contemporaine de la Pologne, et de voir que nombreuses sont les grandes figures de la linguistique française dont les travaux n’ont pas du tout été traduits en polonais ou ne l’ont pas été suffisamment.

Abstract

W artykule podjęta jest próba ogólnej charakterystyki polskich przekładów tekstów o tematyce językoznawczej autorstwa uczonych francuskich. Wobec braku bibliografii przekładów z francuskiego na polski autor samodzielnie sporządza wstępną listę tłumaczeń książek, fragmentów książek oraz artykułów, na której figuruje około dwunastu książek, dwudziestu artykułów i parę fragmentów o długości kilku stron. Całość wyszła spod pióra kilkunastu autorów, takich jak na przykład Benveniste, Guiraud, Kleiber, Meillet czy Martinet, i została przetłumaczona przez specjalistów o najwyższych kwalifikacjach. Analiza owej listy pozwala między innymi uchwycić pewien związek pomiędzy rytmem ukazywania się kolejnych przekładów a współczesną historią Polski, oraz dostrzec, że liczne są pierwszoplanowe postaci francuskiego językoznawstwa, których prace albo wcale nie były tłumaczone na polski, albo nie były przekładane w wystarczającym stopniu.

Introduction

1Le présent article s’inscrit, par sa thématique, dans un axe de recherche qui porte sur les itinéraires des œuvres françaises dans les pays slavophones. Bien entendu, le terme œuvre est ici employé dans son acception large et couvre non seulement des œuvres littéraires ou artistiques, mais aussi des ouvrages scientifiques. Conformément à nos intérêts professionnels, nous focalisons notre attention uniquement sur les textes à caractère linguistique.

2En ce qui concerne les traductions du français en polonais en général, il convient de souligner que jusqu’à présent, il n’existe pas de bibliographie ; le français est de ce point de vue défavorisé par exemple par rapport à l’allemand1. Or, comme l’estime à juste titre Elżbieta Skibińska,

 
 les données réunies dans une base bibliographique des traductions polonaises de livres français [...] pourraient montrer les grandes figures des auteurs, mais aussi des traducteurs ; les absences, les genres les plus traduits, les titres traduits et retraduits, les éditeurs et les lieux de parution, la présence éventuelle de paratextes et leurs auteurs 2.

3 
C’est ce que nous nous proposons de faire ici, ne serait-ce que partiellement, dans le domaine des travaux de linguistique.

4Vu l’absence d’outil bibliographique fiable, il va de soi que notre liste de traductions risque de ne pas être complète. Nous espérons toutefois que notre contribution pourra être mise à profit lors de la création d’une bibliographie, voire d’une base de données bibliographique franco-polonaise.

5Signalons aussi que la notion d’ouvrage de linguistique risque de poser un certain problème pour la raison que les recherches, surtout celles des dernières décennies, ont souvent un caractère interdisciplinaire. À ce propos, notre approche sera large, et à côté de ce que l’on appelle, depuis Saussure, la linguistique interne, nous réserverons une place à des travaux se situant à la charnière de la linguistique et d’autres disciplines, comme par exemple la théorie de la littérature, la sémiologie ou la sociologie.

1. Inventaire des traductions polonaises

6Nous avons classé toutes les traductions relevées en deux grands groupes. C’est ainsi que nous présenterons d’abord les traductions de livres pour passer ensuite à celles d’articles et d’extraits de livres.

1.1. Traductions intégrales de livres

7Nous n’avons trouvé qu’une seule traduction antérieure aux années 1950. Il s’agit de l’Introduction à l’étude comparative des langues indo-européennes d’Antoine Meillet (1903), traduite par un indianiste, traducteur et éditeur connu de son temps, Stanisław Franciszek Michalski (1919). Ce dernier traduisait surtout du sanskrit, et s’il a décidé de s’occuper de l’ouvrage de Meillet, c’est parce que, à cette époque, il n’y avait aucune grammaire comparée des langues indo-européennes en polonais. Pour Michalski, cette lacune empêchait le public polonais du début du XXe siècle d’apprécier pleinement le grand rôle du sanskrit dans les études linguistiques3.

8Cette carence de traductions d’ouvrages de linguistique s’explique en partie pour des raisons historiques. C’est que, au moment où la linguistique européenne devient petit à petit une discipline autonome, la Pologne n’existe pas : de 1795 à 1918, son territoire a été partagé entre trois puissances voisines et, même si aux universités de Varsovie, Cracovie et Lvov, les professeurs et étudiants étaient majoritairement des Polonais, ces universités n’étaient pas officiellement polonaises, ce qui n’encourageait pas la traduction de textes scientifiques dans leur langue. De plus, sur ce territoire, il n’existait alors que deux chaires d’études françaises, créées d’ailleurs tardivement : l’une à Cracovie en 1892 et l’autre à Lvov en 1897.

9En outre, les premiers linguistes polonais, dans le dernier tiers du XIXe siècle, ne semblent pas être très ouverts aux idées des autres. C’est ainsi que, d’après le jugement sévère de Jan Baudouin de Courtenay, au début des années 1870, les Polonais n’ont pas de linguistique moderne, véritablement scientifique. En particulier, les philologues de Cracovie que Baudouin de Courtenay a connus se caractérisent par une certaine étroitesse d’esprit dans la mesure où ils ne s’intéressent alors qu’à des problèmes et besoins nationaux4.

10Il faut attendre le premier quart du XXe siècle pour assister à la naissance d’une vraie linguistique polonaise, processus couronné en 1925 par la création d’une société linguistique, comptant au départ 46 membres. Du début du siècle jusque dans les années 50, les principaux axes de recherche sont l’histoire et la grammaire descriptive du polonais, et la dialectologie. Vers le milieu des années 50 seulement, une nouvelle génération de linguistes commence à assimiler les acquis du structuralisme, courant jusqu’alors mal vu par les nouveaux dirigeants du pays5. De même, c’est à partir du milieu du siècle que les traductions du français se font un peu plus nombreuses.

11En respectant l’ordre chronologique, il convient de commencer cette revue des traductions par deux livres de Marcel Cohen, disciple de Meillet et grand linguiste marxiste : Le langage. Structure et évolution (1950) et L’écriture (1953), dont les versions polonaises paraissent en 1956. Le premier est traduit par le romaniste Stanisław Gniadek de l’Université Adam Mickiewicz de Poznań. La même année sort la traduction du Langage. Introduction  linguistique à l’histoire de Joseph Vendryès (1921).

12Deux ans plus tard, en 1958, est publiée la seconde traduction de l’Introduction à l’étude comparative des langues indo-européennes de Meillet, due au linguiste Tadeusz Milewski de l’Université Jagellonne de Cracovie, à l’époque un des rares structuralistes polonais. Disons tout de suite qu’une trentaine d’années plus tard, en 1991, on traduira un chapitre du livre de Meillet Linguistique historique et linguistique générale (1921), intitulé Sur les effets des changements de langue.

13Viennent ensuite trois ouvrages, plutôt de vulgarisation, de Pierre Guiraud : Problèmes et méthodes de la statistique linguistique (1959), La sémantique (1959) et La sémiologie (1971), dont les traductions datent respectivement de 1966, 1976 et 19746. Le premier est traduit par la poloniste Maria Kniagininowa, et les deux autres par Stanisław Cichowicz, philosophe, poète et traducteur.

14Une date importante dans le contexte du tournant structuraliste de la linguistique polonaise est celle de la publication, en 1970, de Podstawy lingwistyki funkcjonalnej [Fondements de linguistique fonctionnelle] d’André Martinet. Pour ce qui est des originaux français, ce livre rassemble la traduction des Éléments de linguistique générale (1960 ; le texte polonais est amputé d’une vingtaine de pages à la fin du chapitre II, qui traite de phonétique)7 et de neuf articles publiés dans La linguistique synchronique. Études et recherches (1965 ; sont traduits le point 3 du chapitre II ainsi que les chapitres IV, VI, VIII, IX et X). Toutes ces traductions sont de Leon Zawadowski, linguiste de l’Université de Wrocław8. Dès sa parution, l’ouvrage fait partie des lectures obligatoires des linguistes polonais, sur une liste où figurent, entre autres, les noms de Saussure, Hockett, Jakobson et Halle.

15En 1991, paraît la traduction d’un ouvrage datant de... 1660, La grammaire générale et raisonnée d’Antoine Arnauld et Claude Lancelot, connue également sous le nom de Grammaire de Port-Royal. Cette traduction tardive9 est réalisée par Barbara Głowacka et Jerzy Kopania ; ce dernier s’est fait connaître entre autres comme traducteur de Descartes. Tout à fait par hasard, la même année, un tout petit extrait du même texte, traduit par le professeur Krzysztof Bogacki de l’Université de Varsovie, est publié dans un livre dirigé par Jerzy Pelc et Leon Koj10.

16La publication en 2003 de la traduction polonaise de La sémantique du prototype de Georges Kleiber (1990) est une étape importante. La traduction est de Bronisława Ligara, linguiste (poloniste et romaniste) de l’Université Jagellonne de Cracovie11.

17Enfin, ces dernières années, les Polonais ont pu découvrir deux ouvrages de linguistique parus récemment en France : La Communication de Christian Baylon et Xavier Mignot (2005), traduit par Magdalena Sowa, romaniste de l’Université Catholique de Lublin, et publié en 2008, et Les grandes théories de la linguistique d’Anne-Marie Paveau et Georges-Élia Sarfati (2003), traduit par Iwona Piechnik, romaniste de l’Université Jagellonne, publié en 2009.

1.2. Traductions d’articles et de parties de livres

18À partir des années 70, le public polonophone a la possibilité de se familiariser avec certains travaux linguistiques d’autres auteurs français, et ceci grâce à la traduction d’extraits de leurs livres et/ou de leurs articles. La revue « Pamiętnik Literacki » [littéralement, ‘Mémoires Littéraires’] publie les traductions de trois textes à caractère linguistique d’Osvald Ducrot, Les présupposés, conditions d’emploi ou éléments de contenu ? (1973), Structuralisme, énonciation et sémantique (1978) et Esquisse d’une théorie polyphonique de l’énonciation (1984). La première, en 1975, est due à Joanna Hayewska, la seconde, en 1980, est réalisée par Krystyna Falicka, romaniste de l’Université Marie Curie-Skłodowska de Lublin, et la troisième, en 1989, par Anna Dutka, romaniste de l’Université de Varsovie. En 1990, la même revue publie la traduction de l’article Le style indirect libre et la modernité de Bernard Cerquiligni, qui date de 1984. Elle est effectuée par Maciej Abramowicz, un autre romaniste de l’Université Marie Curie-Skłodowska.

19À la fin des années 70, on commence également à traduire une partie des articles qu’Émile Benveniste a publiés sur l’espace d’une trentaine d’années et réunis dans ses Problèmes de linguistique générale I (1966) et II (1974). C’est ainsi que deux traductions d’articles, Sémiologie de la langue et Le langage et l’expérience humaine, paraissent en 1977. Trois ans plus tard est publiée la traduction de Structure de la langue et structure de la société. Toutes les trois sont de Krystyna Falicka. Vient ensuite, en 1991, la traduction de Nature du signe linguistique par Irmina Judycka, une poloniste de Varsovie. Un autre article de Benveniste, De la subjectivité dans le langage, est traduit par Maciej Abramowicz et publié en 200812.

20Ensuite, en 1978, « Pamiętnik Literacki » publie la traduction de l’article Les proverbes et les dictons d’Algirdas Julien Greimas. En 1984, on trouve dans la même revue la traduction des Éléments d’une grammaire narrative, du même auteur. Elle est l’œuvre de Zbigniew Kruszyński, romaniste de l’Université de Wrocław et futur écrivain. Cette traduction sera réimprimée en 2004 dans un ouvrage collectif, Narratologia, dirigé par Michał Głowiński. De plus, un court passage du chapitre Les conditions d’une sémantique scientifique de la Sémantique structurale deGreimas (1966) est traduit par la poloniste Danuta Bartol ; le texte polonais paraît dans Semiotyka dziś i wczoraj [Sémiologie aujourd’hui et hier], une anthologie de textes dirigée par Jerzy Pelc et Leon Koj publiée en 1991.

21Dans ce dernier ouvrage, on trouve quatre autres traductions de travaux français, limitées toutefois à de brefs extraits. Il s’agit d’un passage du chapitre La restriction du sens, de l’Essai de sémantique de Michel Bréal (1897) traduit par Irmina Judycka, de deux extraits d’articles de Gustave Guillaume parus dans le Langage et science du langage (1964), à savoir Esquisse d’une théorie psychologique de la déclinaison et Psycho-systématique et psycho-sémiologie du langage, traduits par Krystyna Kamińska, et d’une partie de la Présentation de la linguistique de Bernard Pottier (1967) portant sur l’analyse sémique, traduite par Krzysztof Bogacki.

22Finalement, dans un ouvrage de 1980 dirigé par Głowiński, Język i społeczeństwo [Langue et société], on trouve un article de Régine Robin intitulé Approches des champs sémantiques : les expériences du Centre de lexicologie politique de Saint-Cloud (1973) traduit par Joanna Arnold.

2. Essai de synthèse

23Tous les textes polonais passés en revue sont traduits directement de l’original français, sans passer par l’intermédiaire d’une langue tierce, ce à quoi on aurait pu s’attendre vu leur caractère scientifique. La majorité des traducteurs sont (ou ont été) des spécialistes en linguistique romane ou française (Bogacki, Dutka, Gniadek, Ligara, Piechnik, Sowa), en linguistique polonaise (Bartol, Judycka, Kniagininowa) ou en linguistique générale (Milewski, Zawadowski). Parmi les traducteurs, on note également quelques romanistes spécialisés en littérature (Abramowicz, Falicka) et des traducteurs connus ayant une autre formation universitaire (Cichowicz, Kopania, Michalski). Pour la plupart, ils travaillent ou ont travaillé en tant qu’enseignants-chercheurs dans les grandes universités polonaises, à Varsovie (Bogacki, Dutka, Judycka), Cracovie (Ligara, Milewski, Piechnik), Lublin (Abramowicz, Falicka, Sowa), Poznań (Gniadek) ou Wrocław (Zawadowski).  

24En ce qui concerne la chronologie des traductions, on remarque qu’à une exception près, elles commencent à paraître dans la seconde moitié des années 50 et sont peu nombreuses jusqu’à la fin de la décennie suivante. En effet, pendant cette période, on n’a traduit qu’une demi-douzaine de livres. À partir du début des années 70, en plus des livres, on traduit aussi des articles ainsi que des extraits de livres de linguistes français.

25À ce propos, il convient de souligner le rôle du célèbre trimestriel « Pamiętnik Literacki », la plus ancienne revue d’études polonaises, créée à Lvov en 1902 et devenue une véritable institution dans le paysage intellectuel polonais. Entre 1968 et 1994, cette revue a comporté une section de traductions, dirigée par Michał Głowiński, grâce à laquelle ses lecteurs ont pu avoir un bref aperçu de la pensée linguistique de Ducrot et de Greimas. Rappelons ici que Głowiński a également rédigé deux ouvrages collectifs dans lesquels figurent les traductions de trois articles de Benveniste et d’un article de Robin. Le recueil de textes « Semiotyka dziś i wczoraj » de Pelc et Koj (1991) présente aussi des extraits de travaux français. Dans sa seconde partie, précédée d’une introduction de Teresa Hołówka et Krzysztof Bogacki, il y a des passages (d’à peine quelques pages, malheureusement) d’ouvrages d’Arnaud et Lancelot, Benveniste, Bréal, Greimas, Guillaume, Martinet (reprint de 1970), Meillet et Pottier. Il va de soi que ces petits extraits, même s’ils sont suffisants pour signaler l’existence de leurs auteurs, n’ont pu en aucun cas influencer le développement des théories linguistiques en Pologne. Soit dit en passant, il est significatif et inquiétant de trouver ces quelques traductions uniquement dans des ouvrages rédigés par des spécialistes en littérature ou en sémiologie, mais pas vraiment en linguistique.

26Pour en revenir à la chronologie, on remarque avec surprise que dans les années 80, on n’a traduit intégralement aucun livre de linguiste français, et que dans la décennie suivante, exception faite de l’anthologie de Pelc et Koj en 1991 et de la traduction de la Grammaire de Port-Royal la même année, on n’a quasiment rien traduit dans le domaine qui nous occupe. Avec le début du XXIe siècle, l’activité de traduction reprend lentement.

27Ainsi, tout cet itinéraire des traductions reflète dans une certaine mesure l’histoire mouvementée de la Pologne au siècle passé. D’abord, on voit une absence de traductions pendant la première moitié du XXe siècle, période qui correspond aux dernières années du partage du pays, puis, à l’issue de la première guerre mondiale, au retour à l’indépendance et à la formation du jeune État avec ses universités libres, période interrompue aussitôt par la seconde guerre. Les premières traductions paraissent une dizaine d’années après la fin de celle-ci. Deux d’entre elles portent sur l’œuvre d’un auteur marxiste, ce qui, loin d’être dû au hasard, signale de façon symptomatique la présence du nouveau pouvoir établi désormais en Pologne. En outre, ces traductions datent de la seconde moitié des années 50, soit d’une période de dégel où le pays s’ouvre d’avantage vers l’Occident après l’époque du stalinisme. Ensuite, le nombre des traductions augmente, mais le processus ralentit visiblement dans les années 80 et 90, la première décennie étant celle d’une grande crise à la fois politique et économique, et la seconde correspondant aux années où il a fallu la surmonter, après la chute du pouvoir communiste en 1989 ; pendant cette période de transition, tout le secteur de l’édition a été sérieusement perturbé.

3. Conclusion

28Au total, notre liste des traductions comprend une douzaine de livres, une vingtaine d’articles et une demi-douzaine d’extraits de quelques pages correspondant à une quinzaine d’auteurs et traduits par des spécialistes dont les compétences sont indiscutables. Cependant, le paysage linguistique français vu à travers ces traductions est lacunaire. D’un côté, le lecteur polonais peut se faire une vision assez précise par exemple des idées linguistiques de Vendryès, Meillet ou Martinet. Il a à sa disposition des manuels récents et utiles de Baylon et Mignot ou de Paveau et Sarfati ainsi que des ouvrages de vulgarisation de Guiraud, qui ont toutefois beaucoup perdu de leur actualité. D’un autre côté, il lui est difficile de connaître, par exemple, la pensée de Benveniste uniquement sur la base des cinq articles traduits en polonais ou des quelques pages qui lui sont consacrées dans un manuel de linguistique ; c’est ainsi que cet auteur reste relativement peu connu en Pologne, de même que Guillaume dont on n’a traduit que deux extraits d’articles13. Pire encore, une autre grande figure de la linguistique française, Lucien Tesnière, n’a pas du tout été traduit. Il serait d’ailleurs possible de dresser sans difficulté tout un inventaire de ceux qui ne l’ont pas été non plus, comme par exemple Maurice Gross ou Antoine Culioli, ou qui n’ont pas été suffisamment traduits, tels Benveniste, Pottier, Ducrot, pour n’en citer que quelques-uns. Ainsi, on pourrait conclure qu’il y a du travail à faire.

29Par ailleurs, nous croyons qu’il serait tout aussi intéressant de se pencher également sur des traductions d’œuvres de linguistes qui ont écrit en français et viennent d’autres pays. En effet, le français est non seulement une langue que la France partage avec les autres pays francophones, notamment avec ses voisines la Belgique et la Suisse, mais aussi, il est langue d’expression de nombreux auteurs de pays non francophones, linguistes y compris. Cette ouverture aux autres nous permettrait de mettre en relief, de façon plus exhaustive, le rôle du français en tant que grande langue de l'expression théorique en linguistique. Si nous y avons renoncé dans la présente étude, c’est uniquement à cause des contraintes d’espace.

Bibliographie

1. Travaux français et leurs traductions polonaises

Arnauld, Antoine et Lancelot, Claude, La grammaire générale et raisonnée, Paris, 1660. Powszechna gramatyka racjonalna (Gramatyka z Port-Royal), traduit à partir de la 3e édition (de 1676) par Barbara Głowacka et Jerzy Kopania, Warszawa, Polskie Towarzystwo Semiotyczne, 1991. « Gramatyka ogólna i rozumowana » (extrait de la Grammaire générale et raisonnée de Port Royal, Paris, 1803, p. 269-273), traduit par Krzysztof Bogacki, in Pelc, Jerzy et Koj, Leon (éds), Semiotyka dziś i wczoraj [La sémiotique aujourd’hui et hier], Wrocław, Ossolineum, 1991, p. 206-207.

Baylon, Christian et Mignot, Xavier. La Communication, Paris, Armand Colin, 2005 (2e édition, revue et augmentée). Komunikacja, traduit par Magdalena Sowa, Kraków, Wydawnictwo Flair, 2008.

Benveniste, Émile. « Nature du signe linguistique », in Problèmes de linguistique générale, t. 1, Paris, Gallimard, 1966, p. 49-55 (publié pour la première fois dans Acta Linguistica I, Copenhague, 1939). « Istota znaku językowego », traduit par Irmina Judycka, in Pelc, Jerzy et Koj, Leon (éds), Semiotyka dziś i wczoraj [La sémiotique aujourd’hui et hier], Wrocław, Ossolineum, 1991, p. 284-288.

Benveniste, Émile. « De la subjectivité dans le langage », in Problèmes de linguistique générale, t. 1, Paris, Gallimard, 1966, p. 258-266 (publié pour la première fois dans le Journal de Psychologie, juil.-sept. 1958). « O subiektywności w języku », traduit par Maciej Abramowicz, in Bartmiński, Jerzy et Pajdzińska, Anna (éds), Podmiot w języku i kulturze [Le sujet dans la langue et dans la culture], Lublin, Wydawnictwo Uniwersytetu Marii Curie-Skłodowskiej, 2008, p. 21-29.

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Benveniste, Émile. « Sémiologie de la langue », in Problèmes de linguistique générale, t. 2, Paris, Gallimard, 1974, p. 43-66 (publié pour la première fois dans Semiotica, 1969). « Semiologia języka », traduit par Krystyna Falicka, in Głowiński, Michał (éd.), Znak, styl, konwencja [Signe, style, convention], Warszawa, Czytelnik, 1977, p. 11-42.

Benveniste, Émile. « Structure de la langue et structure de la société », in Problèmes de linguistique générale, t. 2, Paris, Gallimard, 1974, p. 91-102 (publié pour la première fois dans Linguaggi nella società e nella tecnica, Milano, 1970). « Struktura języka i struktura społeczeństwa », traduit par Krystyna Falicka, in Głowiński, Michał (éd.), Język i społeczeństwo [Langue et société], Warszawa, Czytelnik, 1980, p. 27-40.

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Cohen, Marcel. Le langage. Structure et évolution, Paris, Éditions Sociales, 1950. Język, jego budowa i rozwój, traduit par Stanisław Gniadek, Warszawa, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 1956.

Cohen, Marcel. L’écriture, Paris, Éditions Sociales, 1953. Pismo. Zarys dziejów, traduit par Irena Pomian, Warszawa, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 1956.

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Martinet, André. La linguistique synchronique. Études et Recherches, Paris, PUF, 1965 (chap. II, point 3, chap. IV, VI, VIII, IX et X). « Lingwistyka synchroniczna », in Podstawy lingwistyki funkcjonalnej [Fondements de linguistique fonctionnelle], traduit par Leon Zawadowski, Warszawa, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 1970, p. 325-456.

Meillet, Antoine. Introduction à l’étude comparative des langues indo-européennes, Paris, 1903. Zarys gramatyki porównawczej języków indoeuropejskich, traduit à partir de la 3e édition (de 1912) par Stanisław Franciszek Michalski, Warszawa, 1919. Wstęp do językoznawstwa indoeuropejskiego, traduit à partir de la 8e édition (de 1937) par Tadeusz Milewski, Warszawa, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 1958.

Meillet, Antoine. « Sur les effets des changements de langue », in Linguistique historique et linguistique générale, Paris, Honoré Champion, 1938 (première édition 1921), p. 104-112. « O następstwach zmian języka », traduit par Hanna Dwużnik, in Pelc, Jerzy et Koj, Leon (éds), Semiotyka dziś i wczoraj [La sémiotique aujourd’hui et hier], Wrocław, Ossolineum, 1991, p. 244-249.

Paveau, Anne-Marie et Sarfati, Georges-Élia. Les grandes théories de la linguistique, Paris, Armand Colin, 2003. Wielkie teorie językoznawcze, traduit par Iwona Piechnik, Kraków, Wydawnictwo Flair, 2009.

Pottier, Bernard. Présentation de la linguistique. Fondements d’une théorie (fragment), Paris, Klincksieck, 1967, p. 23-27. « Analiza semiczna », traduit par Krzysztof Bogacki, in Pelc, Jerzy et Koj, Leon (éds), Semiotyka dziś i wczoraj [La sémiotique aujourd’hui et hier], Wrocław, Ossolineum, 1991, p. 378-380.

Robin, Régine. « Approches des champs sémantiques : les expériences du Centre de lexicologie politique de Saint-Cloud », in Histoire et linguistique, Paris, Armand Colin, 1973. « Badanie pól semantycznych : doświadczenia Ośrodka Leksykologii Politycznej w Saint-Cloud », traduit par Joanna Arnold, in Głowiński, Michał (éd.), Język i społeczeństwo [La langue et la société], Warszawa, Czytelnik, 1980, p. 252-281.

Vendryès, Joseph. Le Langage. Introduction linguistique à l’histoire, Paris, La Renaissance du Livre, 1921. Język, traduit à partir de la 5e édition (de 1950) par Kazimierz Libera, Warszawa, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 1956.

2. Autres travaux

Baudouin de Courtenay, Jan. « Oтчёты командированного Министерством Народного Просвещения за границу И. А. Бодуэна де Куртенэ о занятиях по языковедению в течение 1872 и 1873 гг. » [Rapports de I. A. Baudouin de Courtenay, envoyé en mission à l’étranger par le Ministère de l’Éducation Nationale, sur les travaux en linguistique au cours des années 1872 et 1873], Известия Казанского Университета [Bulletin d’informations de l’Université de Kazan], 1876 et 1877.

Gostkowska, Kaja. « Terminy językoznawcze w tłumaczeniu na język polski. Na przykładzie terminów wprowadzonych przez Émile’a Benveniste’a » [Les termes linguistiques dans la traduction en langue polonaise. Sur l’exemple des termes introduits par Émile Benveniste], in Brzozowska, Dorota et Chłopicki, Władysław (éds), Język a komunikacja 31 : Termin w językoznawstwie [Langue et communication 31 : Terme en linguistique], Kraków, Tertium, 2012, p. 325-335.

Jakobson, Roman. « Józef Mroziński – jenerał-językoznawca. Pamiątka i przypomnienie » [Joseph Mrozinski – général et linguiste. Souvenir et rappel], in Jakobson, Roman, W poszukiwaniu istoty języka [En quête de l’essence du langage], t. 2, Warszawa, Państwowy Instytut Wydawniczy, 1989, p. 7-21.

Kaufman, Stefan. « L’essence du texte spécialisé au-delà des concepts. Deux termes-clefs de la linguistique française en traduction polonaise. Leon Zawadowski traduit André Martinet », in Laurent, Maryla (éd.), La traduction de qualité ou l’essence du texte préservée, Paris, Éditions Numilog, 2007, p. 172-180.

Koerner, E. F. Konrad et Szwedek, Aleksander (éds). Towards a History of Linguistics in Poland. From the early beginnings to the end of the twentieth century, Amsterdam/Philadelphia, John Benjamins, 2001.

Lewicki, Andrzej Maria. « Językoznawstwo polskie w XX wieku » [La linguistique polonaise au XXe siècle], in Bartmiński, Jerzy (éd.), Współczesny język polski [La langue polonaise contemporaine], Lublin, Wydawnictwo Uniwersytetu Marii Curie-Skłodowskiej, 2001, p. 619-656.

Ligara, Bronisława. « Zagadnienie ekwiwalencji w przekładzie dyskursu naukowego (na przykładzie Semantyki prototypu G. Kleibera) » [Problème d’équivalence dans la traduction d’un discours scientifique (sur l’exemple de Lasémantique du prototype de G. Kleiber)] (in Cygal-Krupa, Zofia (éd.), Współczesna polszczyzna. Stan – perspektywy – zagrożenia [La langue polonaise contemporaine. État – perspectives – menaces], Kraków-Tarnów, Księgarnia Akademicka, 2008, p. 403-419.

Michalski, Stanisław Franciszek. « Od tłumacza » [De la part du traducteur], in Meillet, Antoine, Zarys gramatyki porównawczej języków indoeuropejskich [Introduction à l’étude comparative des langues indo-européennes], traduit par Stanisław Franciszek Michalski, Warszawa, 1919, p. XIV-XVI.

Polański, Kazimierz (éd.). Encyklopedia językoznawstwa ogólnego [Encyclopédie de linguistique générale], Wrocław, Ossolineum, 1999.

Połczyńska, Edyta et Załubska, Cecylia. Bibliografia przekładów z literatury niemieckiej na język polski [Bibliographie des traductions de la littérature allemande en langue polonaise], t. 1-4, Poznań, Wydawnictwo Uniwersytetu Adama Mickiewicza, 1995-2010.

Skibińska, Elżbieta. « Les études romanes en Pologne : la traduction dans la recherche et dans l’enseignement », in Giermak-Zielińska, Teresa, Naliwajek, Zbigniew et Żurowska, Joanna (éds),Les études romanes/françaises hier et aujourd’hui : 90 ans des études romanes à l’Université de Varsovie, Warszawa, Wydawnictwo Uniwersytetu Warszawskiego, 2011, p. 79-86.

Notes

1  Cf. Edyta Połczyńska et Cecylia Załubska, Bibliografia przekładów z literatury niemieckiej na język polski [Bibliographie des traductions de la littérature allemande en langue polonaise], t. 1-4, Poznań, Wydawnictwo Uniwersytetu Adama Mickiewicza, 1995-2010.

2  Elżbieta Skibińska, « Les études romanes en Pologne : la traduction dans la recherche et dans l’enseignement », in Giermak-Zielińska, Teresa, Naliwajek, Zbigniew et Żurowska, Joanna (éds),Les études romanes/françaises hier et aujourd’hui : 90 ans des études romanes à l’Université de Varsovie, Warszawa, Wydawnictwo Uniwersytetu Warszawskiego, 2011, p. 85.

3  Stanisław Franciszek Michalski, « Od tłumacza » [De la part du traducteur], in Meillet, Antoine, Zarys gramatyki porównawczej języków indoeuropejskich [Introduction à l’étude comparative des langues indo-européennes], Warszawa, 1919, p. XIV.

4  Jan Baudouin de Courtenay, « Oтчёты командированного Министерством Народного Просвещения за границу И. А. Бодуэна де Куртенэ о занятиях по языковедению в течение 1872 и 1873 гг. » [Rapports de I. A. Baudouin de Courtenay, envoyé en mission à l’étranger par le Ministère de l’Éducation Nationale, sur les travaux en linguistique au cours des années 1872 et 1873], Известия Казанского Университета [Bulletin  d’informations de l’Université de Kazan], 1876 et 1877. Nous référons d’après Roman Jakobson, « Józef Mroziński – jenerał-językoznawca. Pamiątka i przypomnienie » [Joseph Mrozinski – général et linguiste. Souvenir et rappel], in Jakobson, Roman, W poszukiwaniu istoty języka [En quête de l’essence du langage], t. 2, Warszawa, Państwowy Instytut Wydawniczy, 1989, p. 7-8.

5  Pour plus d’informations sur la situation de la linguistique polonaise au XXe siècle, se reporter à Andrzej Maria Lewicki, « Językoznawstwo polskie w XX wieku » [La linguistique polonaise au XXe siècle], in Bartmiński, Jerzy (éd.), Współczesny język polski [La langue polonaise contemporaine], Lublin, Wydawnictwo Uniwersytetu Marii Curie-Skłodowskiej, 2001, p. 619-656. Voir aussi E. F. Konrad Koerner et Aleksander Szwedek (éds), Towards a History of Linguistics in Poland. From the early beginnings to the end of the twentieth century, Amsterdam/Philadelphia, John Benjamins, 2001.

6  Le public polonophone connaît également La versification de Guiraud, traduite en 1961.

7  La traduction d’un extrait du chapitre I (André Martinet, Éléments de linguistique générale, Paris, Armand Colin, 1960, p. 17-22 ; Podstawy lingwistyki funkcjonalnej [Fondements de linguistique fonctionnelle], Warszawa, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 1970, p. 18-24) est réimprimée sous le titre Podwójne rozczłonkowanie języka [La double articulation du langage] dans Pelc, Jerzy et Koj, Leon (éds), Semiotyka dziś i wczoraj [La sémiotique aujourd’hui et hier], Wrocław, Ossolineum, 1991, p. 342-345.

8  Sur la façon dont Leon Zawadowski traduit certains termes employés par André Martinet, voir Stefan Kaufman, « L’essence du texte spécialisé au-delà des concepts. Deux termes-clefs de la linguistique française en traduction polonaise. Leon Zawadowski traduit André Martinet », in Laurent, Maryla (éd.), La traduction de qualité ou l’essence du texte préservée, Paris, Éditions Numilog, 2007, p. 172-180.

9  Depuis plus d’un demi-siècle, il existe une traduction polonaise de la Logique ou l’Art de penser d’Arnauld et Nicole (1662), publiée en 1958.

10  Voir Pelc, Jerzy et Koj, Leon (éds), op. cit., p. 206-207.

11  Dans son article Zagadnienie ekwiwalencji w przekładzie dyskursu naukowego (na przykładzie Semantyki prototypu G. Kleibera) [Problème d’équivalence dans la traduction d’un discours scientifique (sur l’exemple de Lasémantique du prototype de G. Kleiber)] (in Cygal-Krupa, Zofia (éd.), Współczesna polszczyzna. Stan – perspektywy – zagrożenia [La langue polonaise contemporaine. État – perspectives – menaces], Kraków-Tarnów, Księgarnia Akademicka, 2008, p. 403-419), Bronisława Ligara se prononce sur un aspect de cette traduction : les équivalents polonais des déterminants.

12  Sur les difficultés de traduction polonaise de certains termes linguistiques introduits par Émile Benveniste, voir Kaja Gostkowska, « Terminy językoznawcze w tłumaczeniu na język polski. Na przykładzie terminów wprowadzonych przez Émile’a Benveniste’a » [Les termes linguistiques dans la traduction en langue polonaise. Sur l’exemple des termes introduits par Émile Benveniste], in Brzozowska, Dorota et Chłopicki, Władysław (éds), Język a komunikacja 31 : Termin w językoznawstwie [Langue et communication 31 : le terme en linguistique], Kraków, Tertium, 2012, p. 325-335.

13  À notre grand étonnement, l’Encyklopedia językoznawstwa ogólnego [Encyclopédie de linguistique générale], un ouvrage de référence rédigé par Kazimierz Polański (Wrocław, Ossolineum, 1999), ne consacre aucun article ni à Gustave Guillaume, ni à sa théorie et/ou aux termes qu’il a forgés, tandis qu’on y trouve par exemple une note sur Pierre Guiraud. Cette lacune en dit long sur l’importance de la traduction.

Pour citer cet article

Witold Ucherek (2015). "Autour des traductions polonaises des ouvrages linguistiques d’auteurs français". Revue du Centre Européen d'Etudes Slaves - La revue | Numéro 4 | Imaginaire linguistique franco-slave.

[En ligne] Publié en ligne le 29 janvier 2015.

URL : http://etudesslaves.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=821

Consulté le 20/11/2017.

A propos des auteurs

Witold Ucherek

Witold Ucherek est maître de conférences à l’Institut de Philologie Romane de l’Université de Wrocław (Pologne). Il travaille au Département de Linguistique française et se spécialise dans les recherches contrastives franco-polonaises portant avant tout sur les prépositions et la lexicographie bilingue. Il est auteur du livre « Polskie ekwiwalenty tłumaczeniowe francuskich przyimków temporalnych z rzeczownikowym wykładnikiem aspektu » [« Les équivalents de traduction polonais des prépositions temporelles françaises contenant un nom aspectuel »] (Wrocław 2001) et d’une vingtaine d’articles (voir la liste des publications en ligne : http://www.ifr.uni.wroc.pl/pl/nasz-instytut/pracownicy/88-dr-ucherek-witold.html).

Articles du même auteur :

Numéro 4 - La France dans l'imaginaire slave

Le quatrième numéro de la Revue du Centre Européen d’Études Slaves contient les contributions issues de la journée d’études organisée les 27 et 28 juin 2014 à l’Université de Poitiers. Soutenue par l’AUF, UFR Lettres et Langues et le laboratoire MIMMOC EA 3812, elle fut consacrée à l'étude de l'image que la langue et la culture françaises reflètent sur l'imaginaire culturel slave. Cette manifestation scientifique fut inaugurée par S. E. Madame Nina Sajic l'Ambassadrice de Bosnie-Herzégovine.



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Dernière mise à jour : 16 mars 2017

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