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Avant-propos

frPublié en ligne le 15 juin 2013

Par Geneviève Cloutier

1Le second numéro de la Revue du CEES est le fruit d’une collaboration entre le Centre Européen d’Études Slaves et le Réseau québécois d’études slaves (RQES). La majorité des articles qui y sont présentés sont issus du premier colloque du RQES, qui a eu lieu à l’université McGill, à Montréal, les 24 et 25 mars 2011. Fondé à l’initiative de jeunes chercheurs dans le but de favoriser les échanges entre les slavistes du Québec et du reste du monde, le RQES se veut pluridisciplinaire, interdisciplinaire et multilingue.

2Pour ce premier rendez-vous, auquel ont participé des chercheurs du Canada, de France et des États-Unis, nous avions invité les participants à se pencher sur la question de l’« imaginaire slave », comprise comme faisant allusion à la fois à l’imaginaire des Slaves par rapport au monde et à eux-mêmes et à l’imaginaire du monde par rapport au « monde slave ». Nous constatons que c’est surtout le premier aspect de la question qui a retenu l’attention des participants, issus de disciplines telles que les études littéraires, l’histoire de l’art, la musicologie, l’histoire, l’anthropologie et les sciences politiques.

3Nous avons regroupé les articles de ce numéro en deux grandes parties. La partie intitulée « Imaginaire slave et espaces interculturels : déplacements, échanges, rencontres » évoque sous divers aspects la rencontre (ou la non-rencontre) entre deux mondes, deux imaginaires – en l’occurrence, un imaginaire russe et un imaginaire nord-américain. L’article de Fabien Bellat, qui étudie l’architecture des églises russes du Québec et de l’ambassade soviétique à Ottawa, porte plus largement sur la transposition de l’architecture russe en territoire canadien. Celui de Janick Roy propose un rapprochement entre deux écrivains-médecins liés par l’imaginaire à défaut de l’être par l’histoire, la géographie ou une influence revendiquée : le Russe Anton Tchekhov et le Québécois Jacques Ferron (1921-1985). Catherine de Lanfranchi-Wrangel et Alexis de Wrangel se penchent pour leur part sur les différents transferts linguistiques et culturels auxquels a donné lieu l’aventure russe en Amérique du Nord aux XVIIIe et XIXe siècles, tandis que Karen Ryan s’intéresse aux astuces employées par les auteurs russo-américains pour donner à entendre la langue russe dans leurs textes écrits en anglais.

4La partie intitulée « Imaginaire collectif slave et construction identitaire » regroupe des articles sur l’imaginaire collectif et l’identité nationale et transnationale dans le monde slave. Sanja Boskovic met en relief un imaginaire proprement « slave » dans son étude des rites funéraires serbes. Érika Wicky, quant à elle, attire notre attention sur la dimension problématique de la création d’un imaginaire est-européen à travers son texte qui porte sur la réception critique de l’exposition « Les Promesses du passé », consacrée à l’art de l’« Ex-Europe de l’Est » et présentée au Centre Georges-Pompidou en 2010. Les articles d’Adalyat Issiyeva et d’Alixandra Haywood ont en commun de s’intéresser à la création d’un imaginaire national russe à travers l’art musical. Là s’arrête toutefois la comparaison, puisque l’article d’Issiyeva porte sur les tentatives de démontrer l’existence d’un lien entre les cultures russe et asiatique/aryenne dans les traités de musicologie du XIXe siècle tandis que celui de Haywood traite de la construction d’un imaginaire russe soviétique dans le ballet Le Pas d’acier de Sergueï Prokofiev. Finalement, l’article de Rashed Chowdhury traite de la reconstruction identitaire des Tatars du Belarus au début des années 1990.

5Il va sans dire que ces neuf articles ne peuvent faire à eux seuls le tour de l’inépuisable question de « l’imaginaire slave », qui renvoie en fait à une multitude d’imaginaires ayant pour point commun un espace – le monde slave – dont l’unité est d’ailleurs loin d’aller de soi. Espace réel ? Espace imaginaire ? C’est là une question qui reste ouverte.

Pour citer cet article

Geneviève Cloutier (2013). "Avant-propos". Revue du Centre Européen d'Etudes Slaves - Numéro 2 | La revue.

[En ligne] Publié en ligne le 15 juin 2013.

URL : http://etudesslaves.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=489

Consulté le 20/11/2017.

A propos des auteurs

Geneviève Cloutier

Docteure en littérature comparée et études slaves (Université de Montréal et Université Lyon III), Geneviève Cloutier est traductrice et enseigne la littérature russe. Elle est l’auteure du livre « L’avant-garde russe face à la “terreur de l’histoire” : historiosophie et historiographie chez Velimir Khlebnikov et Pavel Filonov », à paraître aux Presses du réel. Ses recherches actuelles portent sur la littérature et l’art dits « conceptuels » en Russie et en Amérique du Nord et sur les résurgences de l’avant-garde dans l’art contemporain.

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Dernière mise à jour : 16 mars 2017

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