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Sur le génitif qualitatif dans le Sang impur de Borisav Stanković et ses équivalents français

frPublié en ligne le 19 avril 2019

Résumé

Dans ce travail, nous examinons l’emploi du génitif qualitatif serbe en fonction de l’attribut non congruent dans le roman Le Sang impur (Нечиста крв) de Borisav Stanković. Il est question du génitif qui, étant en position du déterminant/objet possédé, désigne une qualité particulière inhérente d’un être ou d’un objet qui occupe la position du déterminé/possesseur. Nous analysons d’abord la structure syntaxique et les modèles sémantiques de syntagme substantival à génitif qualitatif adnominal. Ensuite, dans la traduction française dе ce roman, nous déterminons, par le biais de l’approche contrastive, les équivalents de la construction génitivale serbe.

Abstract

На примерима из романа Нечиста крв Борисава Станковића у раду се разматра употреба српског квалитативног генитива у функцији неконгруентног атрибута. Реч је о генитиву који се налази на позицији детерминанта/посесума и означава неко неотуђиво карактеристично својство бића или предмета у служби детермината/посесора. Анализирају се синтаксичка структура и семантички модели супстантивне синтагме са квалитативним адноминалним генитивом. У преводу овог романа на француски језик контрастивним приступом утврђују се и еквиваленти српске генитивне конструкције.    

Introduction

1Dans la langue serbe, le syntagme nominal avec le génitif qualitatif représente la construction qui désigne l’appartenance d’une caractéristique permanente à un être ou à un objet1. Le génitif qualitatif adnominal, en tant que type d’attribut2 non congruent – le génitif non prépositionnel en fonction du déterminant/l’objet possédé – indique un trait particulier d’une partie du corps (жена плавих очију/la femme aux yeux bleus)ou d’une qualité inhérente (хаљина светле боје/la robe de couleur claire) d’une notion en position du déterminé/du possesseur. En découvrant son trait immanent, le génitif qualitatif détermine donc indirectement la notion même – l’être ou l’objet – et manifeste la possession inaliénable3. Vu ce fait sémantique, la forme génitivale du substantif marquant une partie corporelle ou une qualité inhérente apparaît régulièrement suivie du déterminant obligatoire4. L’omission du déterminant dans la structure syntaxique aurait pour effet de remplacer soit (a) le sens par l’absurdité, c’est-à-dire par la construction agrammaticale, soit (b) une fonction syntaxique par une autre fonction syntaxique, c’est-à-dire un sens grammatical de la construction par un autre sens grammatical5. Selon la signification du lexème assumant la fonction du déterminant et son rapport avec le déterminé, la construction serbe avec le génitif qualitatif sous-entend quelques modèles sémantiques principaux. Le génitif qualitatif, comme le souligne M. Ivić6, appartient aux catégories casuelles de caractère slave général et encore aujourd’hui c’est un cas bien conservé dans le serbe moderne.

2La langue française dispose de plusieurs formes grammaticales, qu’il s’agisse des catégories morphologiques ou des constructions syntaxiques, qui se comportent en outils sémantiques d’expression de la relation de possession aliénable et inaliénable. Telles sont, entre autres, les formes grammaticales suivantes : les possessifs, l’article défini et indéfini, les syntagmes de génitif, de datif et d’accusatif, les différents groupes prépositionnels, les constructions avec certains verbes7, etc. C’est par l’intermédiaire de certaines de ces formes qu’il est possible de transformer dans la langue française le génitif qualitatif serbe et son sens possessif spécifique.

3Dans le présent travail, nous étudions l’emploi du génitif qualitatif en position syntaxique de l’attribut non congruent dans le roman Le Sang impur (Нечиста крв) de l’écrivain serbe Borisav Stanković. Notre attention est focalisée sur sa valeur possessive – la possession inaliénable – qui, outre sa structure particulière, le distingue clairement des autres types de génitif. Dès lors, partant des définitions et des explications que la littérature linguistique du domaine de la langue serbe/serbocroate propose sur le génitif qualitatif adnominal, notre recherche du corpus linguistique choisi inclut d’abord : a) l’analyse de la composition syntaxique des syntagmes nominaux à génitif qualitatif ; b) l’examen des modèles sémantiques de ce syntagme qui varient suivant la relation entre l’objet possédé et le possesseur. Ensuite, dans la traduction française de l’œuvre de B. Stanković, nous visons à définir, par le biais de l’approche contrastive, les équivalents du génitif qualitatif serbe en fonction attributive.          

1. La possession et le génitif qualitatif en serbe

4En dehors des significations partitive et ablative, la possession constitue une des trois valeurs principales au sein du potentiel sémantique du génitif qui sont, avec leurs nuances significatives, toutes dérivées, en fait, de la caractéristique essentielle du génitif – la désignation d’une notion à laquelle se réfère un être ou un objet indiqué par le nœud du syntagme nominal8. Autrement dit, tous les emplois du génitif sont dérivés de « la valeur grammaticale de ‘dépendance’ ou de ‘détermination’ inhérente à la fonction syntaxique primordiale du génitif »9. Dans la langue serbe, le cas génitif peut manifester le rapport possessif soit comme génitif non prépositionnel soit comme génitif prépositionnel, à savoir : en tant que forme morphologique libre (кућа пријатеља/la maison des amis, право грађана/le droit des citoyens, латице руже/les pétales de la rose, лице детета/le visage de l’enfant), en tant que forme bloquée par une préposition (врата од кухиње/la porte de la cuisine, очи у девојке/les yeux de la fille, „Нечиста крв“ од Боре Станковића/« Le Sang impur » de Bora Stanković) ou forme bloquée par la présence d’un déterminant obligatoire (књига твога брата/le livre de ton frère, рођака мога оца/la cousine de mon père, дело славног композитора/l’œuvre du compositeur célèbre, особа великог срца/la personne de grand cœur, кошуља кратких рукава/la chemise à manches courtes). Dans cet article, nous examinons l’usage possessif d’une de ses formes non prépositionnelles, celle qui est bloquée par le déterminant obligatoire ; c’est la forme substantivale qui, en position du constituant subordonné/du déterminant et en fonction de l’attribut non congruent, se trouve à l’intérieur du syntagme nominal dont le pivot/le déterminé est un nom d’objet concret.

5La plupart des grammaires de serbe (ou serbocroate) et des ouvrages de linguistique serbe mettent en relief l’idée que le génitif qualitatif exprime une sorte spécifique de possession ou d’appartenance. C’est une forme casuelle à double signification – possessive et qualificative – qui manifeste la possession inaliénable, somatique et non somatique, et qui caractérise un individu ou un objet10.

6Traitant du phénomène de l’attribut non congruent et de ses formes syntaxiques et sémantiques en serbo-croate, M. Kovačević11 avance que la possessivité se révèle être la signification centrale de l’attribut non congruent auprès des noms qui indiquent un objet concret. L’auteur souligne par la suite que le génitif qualitatif, un des attributs de ce type, évoque un caractère particulier d’un être ou d’un objet et impose la présence explicite d’un déterminant à côté du nom au génitif.

7La description la plus détaillée des valeurs significatives et du comportement fonctionnel du génitif en serbo-croate est proposée par le linguiste polonais Kazimierz Feleszko (1995) dans son livre Les significations et la syntaxe du génitif serbo-croate, d’abord publié en polonais en 1970 (Składnia genetiwu i wyrażeń przyimkowych z genetiwem w jęziku serbsko-chorwackim). Cette vaste étude représente une contribution importante à l’éclaircissement non seulement de la nature syntactico-sémantique du génitif, mais aussi de la problématique casuelle dans le serbo-croate. Pour ce qui est du génitif qualitatif, K. Feleszko12 signale les deux particularités de cette catégorie casuelle. Premièrement, c’est sa structure syntaxique qui se distingue par la présence de l’attribut auprès du substantif au génitif. L’attribut, congruent avec le génitif, est l’élément faisant ressortir la qualité même du centre du syntagme. C’est en effet la caractéristique essentielle du génitif qualitatif. Deuxièmement, ce type génitival manifeste l’appartenance d’un trait immanent ou d’une partie immanente à un être ou à un objet qui est le nœud du syntagme. Se référant aux faits grammaticaux mentionnés, Feleszko répartit toutes les constructions nominales à génitif qualitatif en deux séries selon le sémantisme du nom au génitif et son rapport avec le centre du syntagme. Ce sont : a) les structures désignant la possession inaliénable non somatique – en position du génitif se trouve le nom de sens abstrait qui marque une qualité inhérente du centre du syntagme, et b) les structures indiquant la possession inaliénable de caractère somatique – en position du génitif se trouve le substantif qui désigne une partie inhérente du centre du syntagme. Dans son ouvrage, K. Feleszko parle également d’autres possibilités structurales du syntagme à génitif qualitatif, à savoir de la détermination de chacun de ses trois éléments.

8Dans son article sur la détermination obligatoire en tant que phénomène linguistique, M. Radovanović13 décrit le fonctionnement du déterminant obligatoire à l’intérieur du syntagme nominal et discerne les trois situations sémantiques qui caractérisent ce procédé linguistique : a) la construction avec le déterminant obligatoire marque l’appartenance d’une partie intégrale du corps à un animé/possesseur (la partie du corps est son entité inhérente) ; b) la construction avec le déterminant obligatoire dénote l’appartenance d’une partie intégrale à un inanimé/possesseur (la partie intégrale est l’entité inhérente d’un tout) ; c) la construction avec le déterminant obligatoire signifie l’appartenance d’une particularité constante ou typique de la classe à un possesseur (la particularité est son entité inhérente, tels que : la couleur, l’odeur, les dimensions, le caractère, la taille, la volonté, l’intelligence, le comportement, l’humeur, etc.). En plus, ce linguiste serbe constitue les deux listes sémantiques d’unités lexicales qui entrent dans l’union avec le déterminant obligatoire : d’une part, ce sont les substantifs qui ne peuvent jamais s’employer sans le déterminant (par ex. la couleur, la longueur, la hauteur, la forme, la nature, etc.) et, d’autre part, ce sont les substantifs qui ne sont qu’occasionnellement suivis de déterminant obligatoire (les lexèmes indiquant les parties intégrales d’un tout : les cheveux, les yeux, etc.).

9Dans son étude sur le rapport entre les deux cas qualitatifs, le génitif et l’instrumental, la linguiste serbe Milka Ivić14 souligne le fait qu’un déterminant s’impose comme obligatoire auprès du nom au génitif qualitatif. La raison de sa présence indispensable réside dans la nature même du génitif qualitatif qui désigne toujours une partie intégrale d’un être ou d’un objet, une propriété extérieure ou intérieure ou un aspect psychologique de la personne. De même, toute en exposant nettement les principes fondamentaux concernant l’usage du génitif qualitatif,  M. Ivić explique les moments de son croisement accidentel avec l’instrumental et démontre également les impossibilités de leur emploi parallèle. En plus, ces deux catégories casuelles en serbo-croate, proches du point de vue syntaxique et sémantique, sont nommées par ce linguiste comme cas « attributifs »15.

2. L’analyse du corpus

2.1. Les types syntactico-sémantiques de la construction à génitif qualitatif

10Dans notre article, l’analyse de la structure syntaxique des syntagmes nominaux à génitif qualitatif et de leurs modèles sémantiques se réalise suivant les définitions et les classifications exposées par K. Feleszko16 dans son ouvrage sur le génitif serbo-croate, aussi bien que par M. Radovanović17 dans son étude sur le procédé de détermination obligatoire. En même temps, notre exploration s’appuie sur le classement sémantique des attributs non congruents auprès des noms d’objet concret défini par M. Kovačević18.

11Comme le montre notre recherche, dans le roman Le Sang impursont notés les seize exemples de constructions à génitif qualitatif en fonction de l’attribut non congruent. La forme génitivale du substantif, en fonction du déterminant/de l’objet possédé, indique le plus souvent une partie corporelle d’un être/du déterminé – nous en avons remarqué au total quatorze exemples. Cependant, nous n’avons relevé aucun exemple avec l’objet comme possesseur d’une partie intégrale. Pour ce qui est du reste des réalisations du phénomène observé, le substantif au génitif désigne une particularité inhérente d’un être humain (un exemple) ou d’un objet matériel (un exemple) étant en position du centre du syntagme. Quant aux classes sémantiques de lexèmes suivis de déterminant, il est à remarquer que dans notre corpus linguistique : a) apparaissent en général les différents substantifs qui ne s’emploient pas nécessairement avec un déterminant et qui désignent les parties corporelles (la tête, le nez, le visage, le cou, la queue, les mains, la bouche, les coudes, etc.) ; b) figure un seul nom parmi ceux qui s’utilisent exclusivement avec un déterminant (la couleur).

12L’analyse du corpus fait voir que l’expression linguistique de l’œuvre de B. Stanković se caractérise par deux types de constructions à génitif qualitatif :

13a) le groupe nominal au sein duquel la fonction de l’attribut non congruent (objet possédé/déterminant) est assumée par le nom au génitif qui indique une partie du corps d’un être tenant la position du pivot du syntagme (possesseur/déterminé) :

14(1) И чим види Софку повезане главе, чела, и са модрицама, она, као киша плачући, говори јој [...].(НК171)19

15(2) Једнога дана, пред мрак,дојури коњаник сељак, планинац, дугих ногу, са ашама на коњу место узенгија [...].(НК156)

16(3) Алил, полуциганин, у белим чакширама, са чалмом, дугачка носа, просед али висок, дугих руку, дугих лактова, почне да извија и трепти грнетом.(НК130)

17(4) Марко, седећи на столици, у челу, са руком на коленима, гологлав, уздрхталог грла и уста, није знао коме више да се захвали. (НК130)

18Le corpus examiné contient également des exemples dans lesquels chacun de trois éléments de la construction observée est développé à l’aide de son propre déterminant. D’abord, le centre du syntagme est qualifié au moyen de son déterminant congruent ou non congruent :

19(5) На капији се појави висок, обријане главе Арнаутин. (НК58)

20(6) Ено млада, пуна и чиста лица, Ната газда-Миленкових. (НК51)

21Ensuite, le substantif au génitif, qui est déjà déterminé par son déterminant obligatoire, apparaît suivi d’un autre déterminant de caractère non congruent :

22(7) Коњ алат,дуга репа чак до копита, дуга врата и лепе четвртасте главе[...]. (НК84)

23Et puis, le déterminant obligatoire du nom au génitif se montre développé au moyen de son propre déterminant du type adverbial :

24(8)[...] свештеник Риста. Готово слеп, погурен, дуге, од дувана и чибука готово жуте браде [...]. (НК73)

25(9) Најмлађи из братства Маркова, још неогарена, детиња лица, као да је испод земље ишао [...]. (НК106)

26b) le syntagme substantival dans lequel le constituant subordonné (objet possédé/déterminant) évoque une propriété immanente d’un être humain ou d’un objet matériel qui occupe la place du centre du syntagme (possesseur/déterminé) :          

27(10) [...] заклањајући својим усахлим телом бакарне боје Софку од радозналих погледа [...]. (НК114)

28(11) Овлаш повеза се кратком, свиленом и затворене боје марамом. (НК72)

2.2. Les équivalents français de la construction à génitif qualitatif

29L’analyse effectuée de la version française du roman Le Sang impur révèle que le génitif qualitatif serbe, à fonction attributive et à valeur possessive, se traduit en français à l’aide de quelques moyens syntaxiques et morphologiques qui s’emploient pour exprimer la signification catégorielle de possessivité.

30Ainsi, dans la plupart des cas, le syntagme génitival serbe se transforme dans notre corpus français en groupe nominal connu dans la littérature linguistique comme la construction absolue détachée20. Il s’agit donc de la construction substantivale qui fonctionne comme le modifieur du groupe nominal et qui s’avère spécifique par sa structure à deux termes et par son contenu sémantique. De fait, les deux termes de la construction sont associés dans un rapport prédicatif qui exclut un verbe conjugué. Entre eux, il existe une relation de solidarité car, comme l’explique S. Hanon21, « ils se présupposent l’un l’autre […] le premier terme ne peut se passer du deuxième et le deuxième du premier ». Ils se comportent en sujet et prédicat logiques. Le premier élément constitutif – le sujet – est un groupe nominal qui est déterminé par le second – le prédicat – qui représente un adjectif, un groupe prépositionnel ou un participe. Le sujet de la construction désigne généralement une partie du corps, un trait psychologique ou une qualité extérieure d’un animé et se trouve en rapport de partie à tout avec une notion/possesseur dans la phrase. La construction porte la valeur descriptive du portrait, elle sert à caractériser la personne en question.

31Dans les exemples de notre corpus, qui d’ailleurs illustrent notre propos, l’usage de l’article défini avec la partie du corps s’impose comme le déterminant le plus fréquent vu que la relation d’appartenance est clairement indiquée par le contexte, qu’elle est sous-entendue22 :

32(12) [...] свештеник Риста. Готово слеп, погурен, дуге, од дувана и чибука готово жуте браде [...]. (НК73) – [...] leprêtreRista. Presque aveugle, voûté, la barbe longue et jaunie par le tabac et le tchibouk [...]. (SI76)        

33(13) Марко [...] гологлав, уздрхталог грла и уста, није знао коме више да се захвали. (НК130) – Marko [...] tête nue, la gorge serrée, la bouche tremblante, ne savait vraiment plus qui remercier. (SI174)

34(14)            Ено млада, пуна и чиста лица, Ната газда-Миленкових. (НК51) – Voici la jeune Nata, la fille de Maître Milenkovitch, le visage vermeil.

35(15) И чим види Софку повезане главе, чела, и са модрицама, она, као киша плачући, говори јој [...].(НК171) – Dès qu’elle l’apercevait ainsi, la tête enveloppée, le corps couvert de bleus, elle fondait en larmes [...]. (SI250)

36Cependant, nous notons un exemple où la partie du corps est précédée du possessif qui se rapporte explicitement au référent possesseur et souligne la particularité physique de l’individu décrit :  

37(16)          Једнога дана, пред мрак,дојури коњаник сељак, планинац, дугих ногу, са ашама на коњу место узенгија и старим неким дрвеним седлом. (НК156) –Un jour, avant la tombée de la nuit,un paysan des montagnes accourut à cheval, juché sur une vieille selle de bois, ses longues jambes passées dans une rustique sangle nouée de chaque côté de la bête, en guise d’étriers. (SI222)

38L’examen de notre corpus montre également que la construction serbe à génitif qualitatif obtient pour son équivalent français une expression nominale qui fait intervenir la préposition à et évoque la relation qu’un animé, comme un tout, entretient avec ses différentes parties. Il s’agit en effet de la structure du type N1 à dét. N2 adj. qui, selon A. Borillo23, exprime la relation partitive – la notion dénotée par N2 est l’élément constitutif de la notion dénotée par N1 – et qui possède la valeur caractérisante étant donné que la mention explicite du N2 adj. spécifie la personne représentée par N1. Cette construction nominale s’emploie très fréquemment s’agissant des parties du corps (humains), conclut Borillo. L’auteure ajoute de même qu’il est possible de remplacer le constituant N2 par un adjectif et que, dans ce cas, il y a une caractérisation directe du tout dénoté par N1. Dans ce tour binominal se révèle la capacité de la préposition à de relier les deux notions en établissant entre elles le rapport de caractérisation comme un type spécial de possession inaliénable24 :          

39(17)       На капији се појави висок, обријане главе Арнаутин. (НК58) – Sur le seuil apparut alors un grand Albanais à la tête rasée. (SI54)

40(18)       Алил, полуциганин, у белим чакширама, са чалмом, дугачка носа, просед [...].(НК130) – Alil, à demi tzigane, était vêtu de braies blanches, sa tête grisonnante, au grand nez, était enveloppée d’un turban [...]. (SI173)

41(19)       Коњ алат,дуга репа чак до копита, дуга врата и лепе четвртасте главе[...]. (НК84) – L’alezanà la longue queue retombant jusqu’aux sabots, l’alezan au long cou, à la belle tête carrée [...]. (SI97)

42Dans notre corpus, le syntagme génitival serbe se traduit en français également par un adjectif qualificatif. Cet équivalent français atteste le fait syntaxique que le génitif qualitatif adnominal en serbe se comporte comme un adjectif. D’ailleurs, comme le souligne M. Ivić25, il n’assume que les fonctions de l’adjectif et son emploi se considère comme correct uniquement au cas où il peut être remplacé par une expression adjectivale. Les exemples notés démontrent que sous la construction génitivale serbe se cache vraiment la signification adjectivale :

43(20) [...] заклањајући својим усахлим телом бакарне боје Софку од радозналих погледа [...]. (НК114) – [...] c’est uniquement pour la mettre – si besoin en était – à l’abri des regards indiscrets, derrière l’écran de son corps tout desséché et bronzé. (SI146)

44(21)            Овлаш повеза се кратком, свиленом и затворене боје марамом. (НК72) – Autour de sa tête, un court foulard de soie sombre est légèrement noué [...]. (SI75)

45Enfin, la recherche du corpus français révèle que la structure serbe à génitif qualitatif se réalise également comme la construction avec une traduction plus libre. Dans ce cas, le sens de la forme génitivale de l’original est présenté dans la traduction à l’aide d’un adjectif qualificatif :

46     

47(22)        Најмлађи из братства Маркова, још неогарена, детиња лица, као да је испод земље ишао, тако неопажен прошао сва арнаутска села [...]. (НК106) – Le plus jeune de la maison de Marko, un gamin encore blanc et rose, traversa tous les villages albanais, passant aussi inaperçu que s’il avait cheminé sous terre [...]. (SI133)

48              ou par la mise en évidence de sa valeur possessive à l’aide d’un déterminant possessif français :

49(23)         Алил, полуциганин [...] просед али висок, дугих руку, дугих лактова, почне да извија и трепти грнетом.(НК130) –Alil, à demi tzigane [...] sa taille était haute, ses bras longs, ses coudes pointus. (SI173)

3. Conclusion

50L’analyse effectuée dans ce travail révèle en premier lieu que quant à la structure syntaxique et sémantique du phénomène observé, la langue du roman Le Sang impur se caractérise par les deux types de syntagme nominal à génitif qualitatif. Le modèle qui domine dans notre corpus est celui où le substantif au génitif en fonction de l’attribut non congruent (objet possédé/déterminant) dénote une partie du corps d’un animé en position du centre du syntagme (possesseur/déterminé) ; il est à souligner qu’aucun exemple avec un inanimé comme possesseur n’est aperçu. Le second modèle syntactico-sémantique de cette structure casuelle à valeur possessive est le groupe nominal où le génitif (objet possédé/déterminant) marque un trait particulier qui est immanent à un être humain ou à un objet matériel en fonction du nœud du groupe (possesseur/déterminé).             

51L’examen de notre corpus montre en second lieu que, dans la traduction française du roman de B. Stanković, le syntagme génitival serbe se transfère le plus souvent en construction absolue détachée évoquant l’appartenance d’une partie du corps à un animé. Selon notre analyse, l’article défini s’y impose comme le déterminant le plus fréquent avec les noms des parties corporelles. Ensuite, en tant qu’équivalent français de la structure serbe à génitif qualitatif apparaît très souvent l’expression binominale du type N1 à dét. N2 adj. où la préposition à réunit les deux notions en rapport de caractérisation et de possession inaliénable. Puis, le syntagme casuel examiné est quelquefois traduit en français par un adjectif qualificatif qui fait ressortir la valeur adjectivale du génitif qualitatif serbe. Et finalement, sont notés des exemples où la structure serbe obtient pour son équivalent français une construction avec la traduction plus libre.         

52Pour ce qui est des unités lexicales accompagnées de déterminant obligatoire, notre étude montre la prédominance des substantifs qui ne s’utilisent pas uniquement avec un déterminant : il s’agit des noms des parties du corps (la tête, le nez, le visage, le cou, la queue, les mains, la bouche, les coudes, etc.). Nous avons remarqué les occurrences d’un seul substantif (la couleur) qui doit toujours être suivi d’un déterminant.  

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***

Белић, Александар.Историја српскохрватског језика, Књ. II, св. 1 : Речи са деклинацијом[L’histoiredelalangueserbocroate. Lesmotsavecladéclinaison], 2. издање, Београд, Научна књига, 1965, 272 p.

Белић, Александар.Изабрана дела, Први том: Општа лингвистика [Œuvreschoisies, Premiervolume : Linguistiquegénérale], Београд, Завод за уџбенике и наставна средства, 1998, 589 p.

Ивић, Милка. «Однос између квалитативног генитива и квалитативног инструментала » [Le rapport entre le génitif qualitatif et l’instrumental qualitatif],Наш језик, Нoвa сeриjaVII/1–2, Београд, 1955,pp. 260-269.

Ивић, Mилкa. « Српскохрватски падежни облици обавезно праћени одредбом као помоћним морфолошким знаком » [Les formes casuelles obligatoirement suivies en serbocroate par un déterminant en fonction de signe morphologique auxiliaire], Годишњак Филозофског факултета у Новом Саду IV, 1959, pp. 151-163.

Ковачевић, Милош. Кроз синтагме и реченице [À traverslessyntagmesetlesphrases], Београд , Јасен, 2015, 261 p.

Пипер, Предраг, Антонић, Ивана, Ружић, Владислава, Танасић, Срето, Поповић, Људмила et Тошовић, Бранко. Синтакса савременога српског језика: Проста реченица [La syntaxe du serbe moderne : Phrase simple], Београд, Институт за српски језик САНУ, Београдска књига, Матица српска, 2005, 1165 p.

Станојчић, Живојин. Граматика српског књижевног језика[Lagrammaireduserbestandard], Београд, Креативни центар, 2010, 418 p.

Стевановић, Михаило. « Посесивне форме у српскохрватском језику » [Les formes possessives en serbocroate],Годишњак Скопског филозофског факултета IV/1, 1939-1940,pp. 1-50.

Стевановић,Михаило. Савремени српскохрватски језик. Граматички системи икњижевнојезичка норма II. Синтакса [La langue serbocroate moderne. Les systèmes grammaticaux et la norme de la langue standard II. Syntaxe], Београд, Научна књига, 1979, 942 p.

Фелешко, Казимјеж.Значења и синтакса српскохрватског генитива [Les significations et la syntaxe du génitif serbocroate],С пољског превела Гордана Јовановић, Београд–Нови Сад, Вукова задужбина–Матица српска–Орфелин, 1995, 164 p.

Corpus

SI : Stankovitch, Borisav. LeSangimpur,TraductionparMarcelleCheymol-Voukassovitch,Préfacesd’André ChamsonetdeYvesChataigneau,Paris, Éditionsdupavois,Collection étrangère, 1949, 260 p.  

НК: Станковић, Борисав. Нечиста крв. Коштана, Београд, Просвета–Нолит–Завод за уџбенике и наставна средства, 1981, 315 p.  

Notes

1  Ce travail est en partie réalisé dans le cadre des projets scientifiques La traduction dans le système de la recherche comparée des littératures et cultures serbe et étrangères (No 178019) et La recherche interdisciplinaire de l’héritage culturel et linguistique de la Serbie et l’élaboration du portail Internet audio-visuel Dictionnaire de la culture serbe (No 47016), financés par le Ministère de l’Éducation, de la Science et du Développement technologique de Serbie. 

2  Il est à noter qu’il s’agit ici de l’attribut en tant que fonction syntaxique dans la terminologie grammaticale serbe. En français, l’équivalent fonctionnel de l’attribut serbe est l’épithète.  

3  Sur le concept de possession inaliénable voir Fillmore, Charles J. Form and Meaning in Language. Volume 1. Papers on Semantics Roles, Stanford, CA, CSLI Publications, 2003, pp. 21-119, en particulier le chapitre 5. Grammar of Inalienable Possession (89-111). Dans son ouvrage, le linguiste américain a expliqué d’une manière très efficace le phénomène concerné en l’incluant dans les universaux du langage. À consulter aussi : Herslund, Michael. « Partitivité et possession inaliénable »,Faits de langues7 (Mars 1996), La relation d’appartenance, 1996, pp. 33-42 ; Riegel, Martin. « Pour une redéfinition linguistique des relations dites de “possession” et d’“appartenance” », L’InformationGrammaticale 23, 1984,pp. 3-7 ; Karolak, Stanislas. « Considérations sur le concept d’appartenance », Faits de langues 7, 1996, pp. 101-110.       

4  L’idée du déterminant obligatoire a été introduite dans la théorie linguistique par la linguiste serbe M. Ivić. Ses apports à la définition terminologique de ce procédé linguistique sont apparemment les plus importants. Sur ce sujet linguistique spécifique voir dans :Ивић, Mилкa. « Српскохрватски падежни облици обавезно праћени одредбом као помоћним морфолошким знаком » [Les formes casuelles obligatoirement suivies en serbocroate par un déterminant en fonction de signe morphologique auxiliaire], Годишњак Филозофског факултета у Новом Саду IV, 1959, pp. 151-163 et Ivić, Milka. Lingvistički ogledi [Essais linguistiques], Beograd, Biblioteka XX vek, 2008, pp. 245-260, ainsi que dans : Radovanović, Milorad. « Opštelingvistički aspekt kategorije „obavezni determinator“ u sintaksi » [L’aspect linguistique général de la catégorie du ‘déterminant obligatoire’ dans la syntaxe], Годишњак Филозофског факултета у Новом Саду XV/1, 1972, pp. 211-240, « Gramatika neotuđive posesije: neki slučajevi s implicitnim obaveznim determinatorom u srpskohrvatskom jeziku » [La grammaire de la possession inaliénable : certains cas avec le déterminant obligatoire implicite en serbocroate], Зборник за филологију и лингвистику XXII/1,Нови Сад, 1979, pp. 17-23 et Spisi iz sintakse i semantike [Les études de la syntaxe et de la sémantique], Sremski Karlovci, Izdavačka knjižarnica Zorana Stojanovića–Novi Sad, Dobra vest, 1990, pp. 75-113.   

5 Ivić, Milka. Op. cit., p. 246.

6 Ивић, Mилкa. « Српскохрватски падежни облици обавезно праћени одредбом као помоћним морфолошким знаком » [Les formes casuelles obligatoirement suivies en serbocroate par un déterminant en fonction de signe morphologique auxiliaire], Годишњак Филозофског факултета у Новом Саду IV, 1959, p. 152.

7 Roglić, Vera. Posesivnekategorijeikonstrukcijeufrancuskomjeziku [Les catégories et les constructions possessives dans la langue française],Beograd,Mrlješ, 2001, 200 p.

8  Voir plus dans : Белић, Александар. Изабрана дела, Први том: Општа лингвистика [Œuvreschoisies, Premiervolume : Linguistiquegénérale], Београд, Завод за уџбенике и наставна средства, 1998, pp. 164-168 etСтевановић,Михаило. Савремени српскохрватски језик. Граматички системи икњижевнојезичка норма II. Синтакса [La langue serbocroate moderne. Les systèmes grammaticaux et la norme de la langue standard II. Syntaxe], Београд, Научна књига, 1979, pp. 174-359.

9  Benveniste, Émile. Problèmes de linguistique générale I, Paris, Éditions Gallimard, 1966, p. 148.

10  Белић, Александар. Историја српскохрватског језика, Књ. II, св. 1 : Речи са деклинацијом[L’histoiredelalangueserbocroate. Lesmotsavecladéclinaison], 2. издање, Београд, Научна књига, 1965, pp. 217-222 ; Стевановић,Михаило, Op. cit., pp. 175-193 ; Станојчић, Живојин. Граматика српског књижевног језика [Lagrammaireduserbestandard], Београд, Креативни центар, 2010, pp. 327-328 ; Katičić, Radoslav. Sintaksa hrvatskoga književnog jezika [La syntaxe de la langue croate standard], Zagreb, Hrvatska akademija znanosti i umjetnosti – Nakladni zavod Globus, 2002, pp. 448-465 ; Пипер, Предраг, Антонић, Ивана, Ружић, Владислава, Танасић, Срето, Поповић, Људмила et Тошовић, Бранко. Синтакса савременога српског језика: Проста реченица [La syntaxe du serbe moderne : Phrase simple], Београд, Институт за српски језик САНУ, Београдска књига, Матица српска, 2005, pp. 690-691 ; Maretić, Tomo. Gramatika hrvatskoga ili srpskoga književnog jezika [La grammaire du croate ou du serbe standard], Zagreb, Matica Hrvatska, 1963, pp. 564-573 ; Silić, Josip et Pranjković, Ivo. Gramatika hrvatskoga jezika za gimnazije i visoka učilišta [La grammaire du croate pour les lycées et les universités], 2. izdanje, Zagreb, Školska knjiga, 2007, pp. 202-203.

11 Ковачевић, Милош. Кроз синтагме и реченице [À traverslessyntagmesetlesphrases], Београд , Јасен, 2015, pp. 13-27.

12  Фелешко, Казимјеж. Значења и синтакса српскохрватског генитива [Les significations et la syntaxe du génitif serbocroate],С пољског превела Гордана Јовановић, Београд–Нови Сад, Вукова задужбина–Матица српска–Орфелин, 1995, pp. 42-48

13 Radovanović, Milorad, Op. cit., 1972; Op. cit.,1990, pp. 77-106.

14 Ивић, Милка. «Однос између квалитативног генитива и квалитативног инструментала » [Le rapport entre le génitif qualitatif et l’instrumental qualitatif], Наш језик, Нoвa сeриjaVII/1–2, Београд, 1955,pp. 260-269.

15 Ивић, Mилкa. « Српскохрватски падежни облици обавезно праћени одредбом као помоћним морфолошким знаком » [Les formes casuelles obligatoirement suivies en serbocroate par un déterminant en fonction de signe morphologique auxiliaire], Годишњак Филозофског факултета у Новом Саду IV, 1959, p. 157.

16 Фелешко, Казимјеж, Op. cit.

17 Radovanović, Milorad, Op. cit.,1972 ; Op. cit.,1990, pp. 77-106.

18  Ковачевић, Милош, Op. cit.

19  Dans notre article, afin de renvoyer au corpus, nous nous servons de l’abréviation НК (en lettres cyrilliques)pour la version originale du roman – Станковић, Борисав. Нечиста крв. Коштана, Београд, Просвета–Нолит–Завод за уџбенике и наставна средства, 1981, 315 p. – etdel’abréviationSIpourlatraductiondel’œuvre – Stankovitch, Borisav. LeSangimpur,TraductionparMarcelleCheymol-Voukassovitch,Préfacesd’André ChamsonetdeYvesChataigneau,Paris, Éditionsdupavois,Collection étrangère, 1949, 260 p. L’abréviation est toujours suivie de nombre de la page dans laquelle se trouve l’exemple extrait.  

20 Hanon, Suzanne. Les constructions absolues en français moderne, Louvain-Paris, Éditions Peeters, 1989, 425 p ; Combettes, Bernard. Les constructions détachées en français, Paris, Éditions Ophrys, 1998, 143 p. ; Riegel, Martin, Pellat, Jean-Christophe et Rioul, René.Grammaireméthodiquedufrançais,Paris, PressesUniversitairesdeFrance, 2011, pp. 356-357.

21  Hanon, Suzanne. « Lesconstructionsabsoluesenfrançaismoderne », L’InformationGrammaticale 47, 1990, pp. 37 ; Voir plus dans Hanon, Suzanne, Op. cit., 1989.

22  Sur l’utilisation du déterminant possessif et l’emploi possessif de l’article défini voir Gary-Prieur, Marie-Noël. Les déterminants du français, Paris, Éditions Ophrys, 2011, XI, 138 p. et Guéron, Jacqueline. « L’emploi ’possessif‘ de l’article défini en français », Langue française 58, Français et grammaire universelle, 1983, pp. 23-35. Consulter aussi : Riegel, Martin, Pellat, Jean-Christophe et Rioul, René,Op. cit., p. 285 ; Arrivé, Michel, Gadet, Françoise et Galmiche, Michel. La grammaire d’aujourd’hui : guide alphabétique de linguistique française, Paris, Flammarion, 1986, p. 74 ; Wagner, R.-L. et Pinchon, J. Grammairedufrançaisclassiqueetmoderne, Éditionrevueetcorrigée,Paris, Librairie Hachette, 1962, pp. 82-83 ; Grevisse, Maurice.Le bon usage. Grammaire française, Refondue par AndréGoosse, Treizième édition revue,Paris, ÉditionsDuculot, 1993, p. 910. L’alternance du déterminant possessif avec le complément de nom du type de + groupe nominal, la relation entre ces deux formes pour l’expression de la possessivité, ainsi que les propriétés du complément de nom en question sont examinées aux niveaux syntaxique et sémantique par Godard, Danièle. « Les déterminants possessifs et les compléments de nom », Langue française 72, 1986, pp. 102-122. Pour plus de détails voir aussi Kupferman, Lucien. « Les génitifs: gouvernement d’antécédent et gouvernement thématique », Langue française 109, 1996, pp. 104-125.

23  Borillo, Andrée. « La relation partie-tout et la structure [N1 à N2] en français »,Faits de langues7 (Mars 1996), La relation d’appartenance, 1996, pp. 111-120.

24  Roglić, Vera, Op. cit., p. 67-69. Sur l’usage mentionné de la préposition à voir aussi : Riegel, Martin, Pellat, Jean-Christophe et Rioul, René, Op. cit., p. 644 ; Wagner, R.-L. et Pinchon, J., Op. cit., pp. 457-458 : Melis, Ludo. La préposition en français, Paris, Éditions Ophrys, 2003, p. 96 ; NPR : Robert, Paul. Le Nouveau Petit Robert. Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, Nouvelle édition du Petit Robert de Paul Robert, Texte remanié et amplifié sous la direction de Josette Rey-Debove et Alain Rey, Paris, Dictionnaires Le Robert, 1996, p. 1 s .v. à.

25 Ивић, Милка. «Однос између квалитативног генитива и квалитативног инструментала » [Le rapport entre le génitif qualitatif et l’instrumental qualitatif], Наш језик, Нoвa сeриjaVII/1–2, Београд, 1955,pp. 264-265.

Pour citer cet article

Selena STANKOVIĆ, Stanislav STANKOVIĆ (2019). "Sur le génitif qualitatif dans le Sang impur de Borisav Stanković et ses équivalents français". Revue du Centre Européen d'Etudes Slaves - Numéro 7 | La revue | Langues en contact.

[En ligne] Publié en ligne le 19 avril 2019.

URL : http://etudesslaves.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=1319

Consulté le 12/12/2019.

A propos des auteurs

Selena STANKOVIĆ

Selena Stanković est titulaire d’un doctorat d’État en linguistique de l’Université de Novi Sad (Serbie). Elle travaille à la Faculté de Philosophie de l’Université de Niš (Serbie). Professeure associée, elle enseigne la morphosyntaxe et la syntaxe de la langue française. Ses principales lignes de recherche sont la morphosyntaxe, la syntaxe et la sémantique du français et du serbe. Elle a publié une monographie et presque cinquante articles dans les revues scientifiques et les actes de colloques en Serbie et à l’étranger et elle a participé à une trentaine de conférences. Elle collabore à des projets scientifiques. Elle est membre de l’Association de Linguistique Appliquée de Serbie et du Comité de rédaction de Philologia Mediana, la revue d’études philologiques de l’Université de Niš.

Articles du même auteur :

Stanislav STANKOVIĆ

Stanislav Stanković est titulaire d’un doctorat d’État en études philologiques de l’Université « Sts Cyrille et Méthode » (Skopje, ARYM). Il est maître de conférences en langue serbe moderne à la Faculté de Philosophie de l’Université de Priština (Kosovska Mitrovica, Serbie) et chercheur au sein de deux projets/laboratoires linguistiques dans l’Institut de la langue serbe de l’Académie serbe des sciences et des arts (ASSA, Belgrade, Serbie). Il collabore aussi au projet linguistique bilatéral que réalisent l’Académie serbe des sciences et des arts et l’Académie macédonienne des sciences et des arts (AMSA, Skopje, ARYM). Ses recherches portent sur la langue serbe, la langue macédonienne et les diasystèmes slaves des Balkans et ceci principalement du point de vue de la dialectologie, de la géographie linguistique, de la morphosyntaxe et de la sociolinguistique. Il est auteur de la monographie Les frontières des parlers de Prizren et du Timok dans la région de Vlasotince (Belgrade, 2008). Sa bibliographie scientifique et professionnelle compte plus de 110 titres. Il a participé à plus de 40 colloques scientifiques en Serbie et à l’étranger et il a donné 14 conférences dans les institutions scientifiques, éducationnelles et culturelles. Il est membre du Comité de rédaction de la revue Македонски јазик (Langue macédonienne, Skopje, ARYM).


Image numéro 7

Numéro 7 - Le français à la rencontre avec les autres langues : Approches linguistiques, littéraires et culturelles

Le septième numéro de la Revue du Centre Européen d’Études Slaves contient les contributions issues de deux journées d’étude qui ont lieu le 25 juin 2016 et le 23 juin 2018 à la MSHS de l’Université de Poitiers. Soutenues par l’AUF, UFR Lettres et Langues et le laboratoire MIMMOC EA 3812, elles furent consacrées à l'étude interdisciplinaire  des langues et des cultures en contact abordant de nouvelles questions sur les emprunts, les transferts ou bien les problèmes de traduction. Ces deux manifestations scientifiques ont rassemblé des enseignants chercheurs de différentes universités européennes et fut inaugurées par S. E. Monsieur Darko Tanaskovic l'Ambassadeur de Serbie à l’UNESCO.



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Dernière mise à jour : 19 avril 2019

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